L’appropriation du projet

Interrogés au cours d’entretiens sur leur conception du projet Sud-PTT, les fondateurs locaux mettent en avant la dimension démocratique de ce projet, à la fois dans les rapports internes à l’organisation et dans le rapport aux salariés, sur la limitation de la délégation à la fois dans la conduite des luttes et dans le fonctionnement interne. Leur conception du projet sudiste et de son projet de démocratie est semblable à la manière dont celui-ci se donne à voir dans les textes fondateurs et dans les discours des fondateurs parisiens. Ils semblent donc s’être approprié ce projet et il est permis de supposer que c’était déjà le cas, au moins en partie, quand ils se sont lancés dans la création locale de Sud-PTT, même si rien ne permet de l’attester. Urbain explique dans l’extrait d’entretien suivant ce qu’il perçoit comme étant les changements apportés par Sud sur le plan du fonctionnement syndical :

Sans déduire de ce discours, produit a posteriori, que ce sont effectivement les éléments cités qui expliquent son adhésion à Sud-PTT, il est néanmoins intéressant de souligner le fait que le discours produit s’oriente spontanément (sans être induit par la question posée) sur la question des formes organisationnelles.

Jean quant à lui insiste plus sur le rapport démocratique aux salariés, sur l’« autogestion des luttes » :

Les fondateurs locaux développent des discours et des conceptions proches de celles des fondateurs parisiens. L’examen de leur parcours militant indique des points de convergence avec les fondateurs parisiens, même si les profils militants sont différents.