Les expériences militantes des fondateurs

Trois des quatre fondateurs locaux ont une expérience militante préalable (seul Sébastien n’en a pas). Deux d’entre eux sont passés par la CFDT mais n’y militaient plus à la fin de l’année 1988.

Henri

Henri a milité à la CFDT. Il connaît deux périodes de syndicalisation. La première, à partir de 1978 et de son retour en province après un début de carrière aux PTT à Paris. Il travaille alors au « 12 », dans un centre de renseignement téléphonique. Il reste à la CFDT pendant trois ans. Il se syndique à nouveau en 1984-1985 et en sort, cette fois-ci définitivement, en 1987. Son premier départ, il l’interprète comme une incapacité à vivre la pluralité interne de la CFDT, et notamment la coexistence entre des militants issus de la CFTC et des militants issus des milieux d’extrême-gauche, entrés dans la centrale durant la période de l’après-68 :

Il entre ensuite au CIO. Dans cet établissement, il y a une section CGT active et une section CFDT en déliquescence, qu’il fait alors le choix de « reprendre ». Il explique que l’état de la section et l’autonomie accordée aux sections syndicales au sein de la CFDT lui laissaient alors penser qu’il pourrait bénéficier d’une liberté syndicale qui le séduisait : « la CFDT, vu qu’il n’y avait plus personne, je pouvais en faire une section comme je voulais. Parce qu’il y avait quand même une autonomie du point de vue de la section. Je voulais essayer de monter un petit groupe dans mon coin, à la CFDT, pourquoi pas, je m’en foutais de l’étiquette » (entretien n°1). Il reconstitue donc un collectif syndical sous l’étiquette CFDT. Des militants de l’instance départementale le sollicitent alors pour qu’il prenne des responsabilités, ce qu’il accepte de faire. Et finalement, cette implication départementale le conduit à constater les désaccords qui l’opposent avec les orientations de la centrale : « au niveau du département, il y avait une réunion tous les mois du secteur Télécom, et là j’ai vu leur discours qui commençait à être très collabo avec la gauche au pouvoir et compagnie » (entretien n°1). Il constate ensuite l’impossibilité d’engager le débat sur les orientations générales de la CFDT et fait l’expérience d’une organisation qu’il perçoit alors comme « verrouillée » :