Chapitre 1- Le syndicalisme de militants à l’épreuve

Le modèle d’engagement dessiné par le projet de démocratie de Sud-PTT est fondé sur une logique de l’activité. Il repose sur la conception d’un syndicalisme de militants, c’est-à-dire sur le principe d’une participation large aux activités syndicales, d’une implication minimale et diversifiée de l’ensemble des adhérents dans la vie de l’organisation. Cette conception d’un syndicalisme de militants se trouve mise à l’épreuve du fonctionnement syndical quotidien et de l’hétérogénéité des investissements produits par les adhérents (1). Tous les membres de Sud-PTT ne sont pas militants, certains sont simplement adhérents et limitent leur contribution au groupe au paiement d’une cotisation syndicale. Ensuite, parmi les militants, tous ne participent pas avec la même intensité aux activités syndicales et certaines tâches apparaissent, de fait, réservées à un petit nombre, ce qui produit une concentration des responsabilités syndicales et la constitution d’un « noyau » militant. L’intérêt porté à la question de la diffusion de l’investissement syndical et le constat d’une diffusion limitée amènent à ouvrir l’analyse sur les logiques de cet investissement, afin de mettre en lumière les éléments explicatifs de son apparition, de sa non-apparition, mais aussi de sa disparition (2).