Tous les analystes des organisations militantes, syndicats ou partis politiques, mettent en avant la composition hétérogène de celles-ci. Elles sont traversées par des divergences idéologiques, leurs membres peuvent présenter des profils sociologiques différents. De plus, ils sont faits d’investissements très variés 212 . C’est cette question de la diversité des contributions que ses membres apportent au groupe qui est traitée ici. Il y a deux manières d’appréhender la diversité de la participation au groupe, à partir de ses formes et à partir de son intensité. Pour rendre compte de l’hétérogénéité interne du groupe étudié, nous avons élaboré des catégories d’acteurs, en nous appuyant pour cela sur d’autres auteurs qui ont eux aussi produit des catégorisations des membres des organisations militantes.
« Vues de l’extérieur, les organisations syndicales peuvent sembler relativement homogènes, l’étiquette et la personnalité du leader étant les symboles de cette unicité […]. La réalité est moins simple. Sans parler des divergences politiques, souvent graves, qui les traversent, les organisations sont sociologiquement très hétérogènes. De plus, les contributions qu’elles reçoivent de leurs membres se révèlent très diverses. » (CROISAT & LABBÉ 1992, p. 33). Bernard Pudal, dans son étude du Parti communiste suggère de saisir l’organisation à partir de ces hétérogénéités qui la font et parle ainsi « d’une organisation partisane qui ne se comprend elle-même que comme la résultante, plus ou moins consolidée, plus ou moins objectivée, d’une multiplicité de ‘rencontres’ entre les histoires sociales, familiales et individuelles de ceux qui ‘investissent’ l’organisation et différents états de structuration de l’institution » (PUDAL 1989, p. 15).