Les observations réalisées par rapport à l’investissement des adhérents dans la vie de l’organisation permettent de dresser le constat d’un partage limité du travail syndical et des responsabilités. De fait, le fonctionnement syndical repose sur quelques militants formant un « noyau » militant. Ce type de constat est partagé par l’ensemble des études qui ont été réalisées sur les organisations syndicales et qui se sont intéressées à la participation en leur sein 219 . La faiblesse de la participation à l’intérieur des syndicats est une des manifestations de la crise du syndicalisme. Cette faiblesse accentue la crise en favorisant l’affaiblissement de la syndicalisation : le petit nombre des militants actifs se trouve pris dans les tâches organisationnelles et désinvesti de fait du terrain.
Par exemple, Guy Groux et René Mouriaux, dans leur étude sur la CGT, notent une tendance à l’affaiblissement de la participation des adhérents au fonctionnement syndical. Ils indiquent que les adhérents ne contribuent plus que faiblement à « l’action pratique de leurs instances » et observent la « multiplication des attitudes de retrait » (GROUX & MOURIAUX 1992, p. 154), la « baisse de l’insertion des adhérents dans les structures syndicales » (p. 156). Ils constatent cette affaiblissement de la participation à partir de l’observation des taux de participation aux réunions, de la régularité des AG, de la périodicité des AG. Voir aussi CROISAT & LABBÉ 1992, TIXIER 1992.