Un dispositif de participation égalitaire

Le dispositif de la réunion syndicale tel qu’il se donne à voir objective en partie l’exigence d’une participation égalitaire.

Un espace public

La réunion syndicale présente une dimension publique dans la mesure où les participants s’inscrivent tous ensemble, au moins momentanément, dans un cadre de participation identique (voir BROCK & RELIEU 1995, p. 88). Par ailleurs, toutes les instances collectives sont ouvertes à tous les adhérents. C’est classique pour les AG et congrès, qui, par définition, sont des instances réunissant l’ensemble des adhérents. C’est moins classique pour le BS.

Dans l’espace de la réunion syndicale, chacun est exposé au regard critique de l’autre. Il pèse ainsi sur les arguments échangés une contrainte d’acceptabilité. Plus la participation est large et moins le degré d’inter-connaissance est élevé entre les participants, plus cette contrainte d’acceptabilité pèse. Ainsi, dans les congrès et AG, les militants sont sous le regard critique des adhérents et la contrainte d’acceptabilité des propos tenus et arguments développés est plus forte que dans le cadre d’une réunion de BS, où les militants se retrouvent le plus souvent entre soi 256 . Cette contrainte a semblé d’autant plus forte que les réunions étaient traversées par des tensions, des conflits, chacun veillant alors à l’acceptabilité de ses arguments, dans un souci de désamorcer la critique ou en tout cas de ne pas lui donner prise.

Si elle présente un caractère public, la réunion syndicale se déroule toutefois entre soi, entre membres de l’organisation.

Notes
256.

On peut penser que la présence de l’observatrice renforce ou maintient cette contrainte d’acceptabilité dans le cadre des réunions de bureau.