Un faible degré de formalisation des échanges

Le cadre dans lequel se déroulent les interactions, les prises de parole et les échanges est un cadre souple et peu contraignant. Globalement, les réunions sont marquées par un faible degré de formalisation, le déroulement des échanges ne répond pas à une codification rigoureuse, ne met pas en œuvre des procédures stabilisées. Ce qui constitue d’ailleurs une des raisons pour lesquelles on ne s’ennuie guère dans les réunions syndicales, mais aussi une des raisons pour lesquelles on s’y perd parfois.

Les militants qui ont l’occasion d’assister aux réunions fédérales notent souvent le degré de formalisation élevé qui en marque le déroulement et évoquent leur côté « verrouillé ». Cette formalisation et les contraintes qu’elle fait peser sur les prises de parole est parfois mise en cause : les discussions produites sont jugées ennuyeuses, le manque de liberté accordée dans la prise de parole diminue l’intérêt et la qualité des discussions. Ces mises en causes ne visent jamais des entraves que certains participants mettraient à la liberté de parole en la monopolisant ou en s’accordant des privilèges dans l’accès à celle-ci.

Le degré de formalisation varie selon le type de réunion, selon le nombre de participants et le contexte dans lequel elle se déroule. Il est beaucoup plus élevé dans les AG et congrès que dans les bureaux, moins nombreux. Par ailleurs, il semble que le souci de formalisation soit plus affirmé quand les réunions se tiennent dans des périodes de tensions internes et que ces tensions se trouvent importées dans l’espace de réunion par la présence des acteurs principaux du conflit ou quand sont mises en discussion des questions qui divisent le syndicat. La formalisation, le respect des règles et des procédures (mise au vote systématique des propositions, validation des nominations et de l’ODJ par un vote, respect des tours de parole, etc.), répond alors au souci de ne pas donner prise à la critique et à la contestation.