Agencement du dispositif délibératif et réduction des inégalités

Dans quelle mesure les inégalités dans les usages de la parole en réunion, en termes de distribution et d’influence, sont-elles relevées par les acteurs et quelles solutions sont éventuellement trouvées et mises en œuvre pour les réduire ?

La perception des inégalités par les acteurs

Dans l’ensemble, les inégalités dans la prise de parole en réunion sont peu prises en compte par les militants. Quand elles sont effectivement pointées, c’est le plus souvent de manière incidente, sans débouché collectif et sans recherche de solutions. Par ailleurs, seules les inégalités liées à la distribution de la parole sont perçues et donc pas les inégalités d’influence.

Par exemple, lors d’un congrès, dans le cadre d’un débat sur les moyens à mettre en œuvre pour remplir les objectifs syndicaux fixés antérieurement, un militant, s’adressant à l’assemblée alors que la fin de la discussion approche, dit : « j’aimerais que tout le monde s’exprime, parce que peut-être que là, on est en train de débattre entre convaincus, que chacun s’exprime, même pour ne pas dire grand chose ». Il ajoute : « je sais ce que c’est que de débuter : en 1995, moi, je n’osais pas parler » (congrès n°3). Cette dernière phrase indique que son propos s’adresse surtout aux nouveaux adhérents qui sont présents ce jour-là. La sollicitation sera sans effets visibles.