Le bureau : organisation pratique du travail syndical

L’examen des types de décision dominants dans les réunions de BS conduit à établir que la mission essentielle remplie par cette instance est une mission d’organisation pratique du travail syndical.

La prépondérance des décisions relatives à l’organisation pratique du travail syndical

Sur les 22 réunions de BS analysés, 74 décisions ont été relevées. Sur ces 74 décisions, 29 sont des décisions relatives à l’organisation pratique du travail militant, 7 relatives à des questions matérielles. Seules 15 décisions sont des décisions d’orientation, et enfin 7 décisions concernent le fonctionnement interne.

En pratique, l’une des missions principales du bureau est donc l’organisation pratique du travail militant et le règlement de questions matérielles. C’est une instance de coordination. Cette situation peut être mise en lien avec le mode de fonctionnement interne : une rotation de la quinzaine ou vingtaine de permanents syndicaux sur la semaine, l’absence d’une équipe stabilisée présente en permanence.

L’espace occupé par les questions d’organisation pratique du travail militant et par les questions matérielles dans les réunions de bureau est construit comme problème par les acteurs. Cet état de fait peut expliquer le désintérêt et le désinvestissement d’une partie des militants par rapport à cette instance. À plusieurs reprises au cours du travail d’observation, l’idée de mettre en place un secrétariat qui se réunirait entre deux BS pour en préparer les réunions et pour prendre en charge ce qui relève de l’organisation pratique du travail militant est évoquée, débouchant parfois sur une mise en œuvre effective, mais qui ne dure jamais très longtemps. Les statuts prévoient la réunion d’un secrétariat entre deux bureaux : il « assure la continuité du syndicat entre deux bureaux syndicaux. Il n’est pas habilité à prendre de décisions politiques » (art. 16). Le RI (art. 310) précise qu’« en cas de décision politique urgente à prendre, il se charge d’organiser la consultation de l’ensemble des membres du BS par tout moyen opportun (réunion ‘physique’, consultation écrite, téléconférence…) ». Le rôle de ce secrétariat serait de prendre en charge les tâches de coordination, de planification et de partage du travail syndical, donc de décharger le BS de celles-ci, lui permettant ainsi de consacrer plus de temps à un travail plus proprement politique. Pendant de courtes périodes, un secrétariat s’est effectivement réuni, mais pour rapidement disparaître. L’inexistence pratique de ce secrétariat fait partie de ces écarts aux règles statutaires inévitablement constatés dans un travail d’observation directe. L’incapacité à stabiliser le secrétariat s’explique en partie par l’incapacité de ses membres, pris dans les tâches syndicales quotidiennes, à aligner leurs disponibilités. Elle peut s’expliquer aussi par des réticences existant chez une partie des militants à la mise en place d’une instance de composition restreinte impliquant qu’ils se trouvent dessaisis d’une partie des décisions.