Les décisions d’orientation : un partage selon la portée

Le travail de comptage, s’il permet de fournir des indications utiles pour l’analyse, doit néanmoins être envisagé avec prudence. Il conduit en effet à additionner des éléments qui, bien que relevant d’une même catégorie, peuvent demeurer disparates. Dans les catégories de décisions établies entrent des décisions de portée très inégale. Par exemple, la catégorie des décisions d’orientation peut couvrir à la fois une prise de position de principe sur l’accès des facteurs contractuels à la vente des quartiers (AG n°3, décision 9) et la décision de versement d’un soutien financier au Planning familial (BS n°17, décision n°2). Au-delà des seules données chiffrées, il convient donc d’examiner le contenu des décisions d’orientation selon qu’elles sont prises dans les AG et congrès, ou alors dans les bureaux.

Les observations réalisées indiquent que le partage des décisions d’orientation entre les instances réunissant l’ensemble des adhérents (AG et congrès) et les instances restreintes (bureau) s’opère en fonction de leur portée. Les décisions d’orientation de faible portée tendent à être plutôt localisées dans les réunions de bureau, alors que les décisions d’orientation les plus importantes sont en général prises dans les AG ou les congrès. Alors que les décisions d’orientation dans les AG définissent des positions de principe et des choix d’action sur la recomposition syndicale, les délégués du personnel, les droits des contractuels, etc., les décisions d’orientation dans les bureaux, déjà proportionnellement moins nombreuses que dans les AG, portent sur des questions de plus faible importance, sont plutôt tournées vers l’action immédiate que vers la définition de positions de principe (soutien matériel aux mouvements sociaux, engagement d’une action sur un problème spécifique, demande d’audience, lettre à la direction, etc.). Il s’agit là de tendances. Il arrive que les bureaux prennent des décisions importantes, comme par exemple le fait de suivre ou de ne pas suivre un appel à la grève lancé au niveau fédéral.

Ces observations confirment que la participation aux AG et congrès offre effectivement un accès potentiel à la définition de la politique syndicale de l’organisation.