Un cas de sélection effective

Une seule exception à ces élections sans sélection. Elle intervient lors d’une élection complémentaire dans une AG (AG n°2). Il y a quatre candidats pour quatre postes à pourvoir. L’élection se passe à bulletins secrets. Seul trois des quatre candidats sont élus. Un militant, qui est par ailleurs un ami du candidat non élu, absent ce jour-là, dénonce le choix de laisser un poste vacant et le choix « d’exclure des bonnes volontés ». Le président lui répond alors : « les votes sont ce qu’ils sont, on continue ». Un autre participant ajoute qu’être élu au BS n’est pas « une fin en soi », le plus important étant d’ « être sur le terrain, avec les collègues ». Le militant mécontent du résultat de l’élection quitte alors silencieusement la salle, accompagné d’un autre militant, en guise de dénonciation.

Cette scène se produit dans un contexte organisationnel particulier. Le syndicat est alors traversé par un conflit interne qui oppose deux groupes militants, le premier groupe étant plutôt constitué des militants membres du BS et le second de militants assurant tout au plus un jour de permanence au local départemental et investis dans un travail syndical local. Le candidat non élu est associé à ce groupe d’opposants au BS, ce qui explique en grande partie sa non élection. Son intégration dans l’équipe départementale est envisagée alors comme une menace pour la cohésion de l’équipe départementale. Cet épisode sera utilisé par l’opposition au BS comme preuve de la bureaucratisation du syndicat.