Une sélection contraire à l’efficacité syndicale

L’efficacité syndicale constitue un autre argument avancé contre le principe de sélection. Dans un contexte où les militants déplorent de manière constante leur trop petit nombre pour atteindre une efficacité syndicale satisfaisante, pour être en mesure de faire face à toutes les tâches qui pèsent sur l’organisation, le mécanisme de sélection des candidats à l’investissement militant (que ce soit pour occuper un poste au sein du bureau ou pour assurer une permanence syndicale) et la possibilité de rejet de candidatures qu’elle induit est perçu comme peu légitime.

Dans le cadre de la scène décrite précédemment, qui se déroule dans une réunion de bureau, où il est question de la sélection des candidats à des postes de permanents, un des candidats litigieux explique ce qui l’a conduit à poser sa candidature : quand il appelle au local départemental pour obtenir des renseignements, il lui est fréquemment répondu : « on n’a pas le temps de traiter », quand il va dans certains services, il constate que les panneaux syndicaux ne sont pas mis à jour, il en a donc conclu : « il doit y avoir du travail pour moi en tant que permanent » (BS n°18).