Le mandatement sollicité

Pour ce qui est des représentants extérieurs du syndicat dans les instances professionnelles (CLCN et CHS-CT), les réunions intersyndicales et les audiences avec la direction, aucune procédure de mandatement systématique n’est mise en place. Le travail de représentation peut être dans certains cas précédé d’une discussion collective préalable, qui ne produit pas nécessairement un mandat strict, mais le plus souvent un cadre d’action à l’intérieur duquel le représentant peut agir en disposant d’une marge d’autonomie. Dans ce cas de figure, c’est le militant chargé d’assurer le rôle de représentant qui sollicite la discussion collective préalable. Il le fait dans le cadre d’une réunion de bureau, qu’il en soit membre ou pas. Il arrive en effet que des militants participent de manière exceptionnelle à une réunion de bureau afin de préparer collectivement une réunion dans laquelle ils représenteront le syndicat.

C’est le cas par exemple de deux militants qui vont participer à une réunion intersyndicale convoquée à l’initiative de la CGT afin de préparer une journée d’action et qui se présentent dans une réunion de bureau (CR BS 8-3-1). Les deux délégués sont alors mandatés pour défendre le principe d’un appel à la mobilisation autour de trois revendications : salaires, retraites et emploi, pour les deux secteurs LP et FT et pour la réalisation d’un tract unitaire. Dans ce cas, le mandat est précis. La situation le permet : la manière dont se déroulent les réunions intersyndicales dans la perspective d’une mobilisation est généralement sans surprise, les comportements des représentants syndicaux sont attendus, les questions qui vont se poser anticipées (mots d’ordre, tract unitaire, banderole unitaire). Les militants qui ont l’habitude de l’exercice sont en mesure de donner des directives précises à ceux qui le sont moins. Dans d’autres cas, il n’y a pas de directives précisément définies. La discussion collective préalable permet toutefois au représentant de recueillir des informations et des points de vue sur lesquels il pourra s’appuyer dans le discours qu’il produira et le comportement qu’il adoptera.

Si certains représentants syndicaux sollicitent une discussion préalable susceptible de leur fournir des guides pour agir au nom du syndicat, d’autres ne le font pas et agissent en toute autonomie (d’autant plus que le contrôle a posteriori s’exerce peu ou mal).