Les conditions de possibilité de la critique

Plusieurs éléments viennent définir un contexte favorable pour l’exercice d’une parole critique sur l’activités de représentants et plus largement des militants.

L’information comme condition de possibilité de la critique

Tout d’abord, l’information est une condition essentielle de possibilité de la critique. Il faut que l’information sur l’activité des représentants soit disponible, que les personnes produisent un investissement minimal pour s’informer et qu’elles disposent des ressources nécessaires pour se saisir des informations disponibles et produire un jugement sur les actions militantes engagées. L’information des adhérents sur l’activité des militants s’opère par différents canaux.

Une des voies de l’information des adhérents, c’est la presse interne. Au début de la période d’observation, les militants réalisent un journal interne (d’abord LSD, puis Versant Sud – pour FT – et L’Affranchi – pour LP) et une feuille d’information Infos Rapides (la fonction attribuée à cette publication étant de rendre compte régulièrement de l’activité de l’équipe militante). Les deux publications étaient diffusées à l’ensemble des adhérents. Au cours de la période d’observation, ces publications sont interrompues, du fait notamment de la lassitude des quelques militants qui s’en occupaient et de l’absence de relève pour poursuivre la publication.

Les adhérents ont aussi la possibilité de s’inscrire sur une liste de diffusion électronique et de recevoir ainsi régulièrement et en temps réel des informations sur les activités syndicales en cours. Les promoteurs d’une démocratie électronique perçoivent dans l’outil et les possibilités qu’il ouvre une voie pour atteindre ou en tout cas se rapprocher de l’idéal du citoyen éclairé, pleinement informé. Les moyens de communication électroniques permettent en effet d’accroître la quantité d’information fournie, à peu de frais, et de manière quasi instantanée. Il permet aussi une information de qualité en offrant la possibilité de reproduire et de diffuser des documents qui ne l’étaient pas jusqu’à présent en raison de leur taille 328 . Toutefois, outre le fait que tous les membres de l’organisation n’ont pas accès à la communication électronique du fait de la non possession de l’outil ou de sa non maîtrise (c’est surtout le cas du côté des adhérents postiers), la surabondance d’information qui circule sur les listes de diffusion rend la communication bien peu efficace et demande un niveau d’investissement minimal pour pouvoir la traiter (identifier les informations intéressantes dans le flux d’informations diffusées).

Notes
328.

Voir VEDEL 2003, notam. p. 249-250.