1- L’épreuve de la discussion

Le refus de la professionnalisation des militants qui s’est traduit par la mise en place de règles de limitation des détachements syndicaux, à la fois au niveau de la fédération et au niveau du syndicat étudié, se trouve mis à l’épreuve de la discussion. La controverse se trouve sans cesse réouverte et des discussions collectives se produisent à plusieurs reprises au cours de la période d’observation, de manière organisée ou spontanée. L’épreuve est fréquemment rejouée. La controverse n’est jamais complètement refermée. Quand elle est officiellement refermée, les réouvertures informelles continuent et débouchent tôt ou tard sur une réouverture officielle.

L’analyse prend en compte à la fois des débats qui ont été conduits au niveau fédéral, sur les règles fédérales, et les débats qui ont été conduits au niveau du syndicat étudié, sur les règles fédérales et sur la règle locale. Les débats fédéraux et les débats locaux sont liés étant donné que le débat fédéral est d’abord un débat local. Ensuite, dans les argumentations développées, des croisements s’opèrent entre le débat autour de la question du « permanent à vie » et celui autour de la question du « permanent à temps plein ». Dans les deux cas, la question qui se pose est : limitation ou non limitation ?

L’existence de permanents fédéraux détachés à plein temps n’est toutefois pas remise en cause au niveau du syndicat étudié. Quand ils sont favorables au principe de limitation de temps de détachement syndical au niveau local, les militants ne contestent pas pour autant pas le principe du détachement à temps plein au niveau fédéral. L’existence de permanents fédéraux est considérée comme justifiée, imposée par les exigences liées au travail fédéral. C’est ce qu’explique Pierre, favorable à la limitation des détachements, dans l’extrait d’entretien suivant :

Voici tout d’abord une présentation de quelques-uns des moments de remise en discussion des règles, au niveau fédéral et au niveau du syndicat étudié.