La transformation organisationnelle comme recomposition des exigences

À partir du cas des règles encadrant le recours aux permanents syndicaux, il est permis d’envisager la transformation organisationnelle, l’évolution des modes de fonctionnement interne, comme le produit d’un processus de recomposition des exigences qui pèsent sur l’organisation. Des intentions sont déposées dans ces règles, au moment de leur mise en place, et ces intentions sont liées aux exigences qui pèsent sur l’organisation, aux exigences que les militants s’imposent (démocratie et efficacité principalement). La recomposition des exigences peut déboucher sur une transformation des règles. Les règles de fonctionnement, dans le cas où l’exigence d’efficacité est jugée prioritaire, ne sont pas les mêmes que celles mises en place dans le cas où c’est l’exigence démocratique qui se trouve prioritaire. Dans les débats, il apparaît que le maintien des règles tend à être soutenu par ceux qui mettent en avant l’exigence démocratique comme exigence prioritaire et l’option de la suppression est soutenue par ceux qui envisagent l’exigence d’efficacité comme une exigence prioritaire.

La réouverture de la controverse sur les dispositifs de fonctionnement ouvre un espace à la critique et constituent des moments d’amorce d’une recomposition des exigences, qui peuvent déboucher ou non sur des transformations organisationnelles. La critique peut avoir un effet dynamique. La contestation des règles se fait principalement au nom d’un principe d’efficacité. Les éléments qui engagent la recomposition des exigences collectives qui pèsent sur l’organisation peuvent être reliés à la fois à l’arrivée de nouveaux membres et l’évolution des positions individuelles.