Regard rétrospectif sur une recherche : les apports

La recherche se présente comme une contribution à la connaissance de l’objet syndical, à la réflexion sur le thème du renouveau du militantisme et sur celui de la démocratie.

Une approche ethnographique du fonctionnement syndical

L’apport principal de la recherche à la connaissance de l’objet syndical se situe dans le matériau empirique utilisé : des données de type ethnographique sur la vie interne d’un collectif militant.

Les études syndicales utilisent très rarement les matériaux de type ethnographique et s’appuient en général sur des données recueillies par questionnaire, souvent des données de type sociographique, et sur les textes officiels (statuts, résolutions de congrès). Ce choix de méthode implique de laisser dans l’ombre la vie interne quotidienne de l’organisation syndicale, sur laquelle nous avons pour notre part souhaité donner un éclairage.

Observer directement la vie interne d’un collectif militant, et plus particulièrement les activités qui se déroulent dans les instances de délibération et de décision, a permis d’appréhender sous un angle original les pratiques syndicales, avec la description et l’analyse des modalités concrètes de la production de la volonté collective (activités délibératives, fabrication des décisions, usages du vote). On a ainsi pu donner un éclairage nouveau sur le vote, objet classique de la science politique mais presque exclusivement saisi dans le cadre des études électorales. La méthode employée a aussi permis de produire des connaissances sur les logiques de l’investissement militant, c’est-à-dire de la participation à la vie syndicale (les études existantes portant en général sur les motifs de l’adhésion ou de la dés-adhésion mais pas sur celles de la participation à l’intérieur de l’organisation), de comprendre les ressorts de la faiblesse des investissements militants et une partie des causes de la dimension réduite des équipes militantes. Notre étude montre par ailleurs comment les militants vivent la confrontation quotidienne avec la crise du syndicalisme, qui est aussi une crise militante, et les attitudes de désenchantement que cette confrontation génère.