FMN et IDE : de quoi parle-t-on ?

Précisons que les expressions investissement direct étranger et firme multinationale sont utilisés indifféremment, dans la littérature, dans la mesure où la première désigne l’investissement, la seconde son vecteur. C’est pourquoi, afin de désigner l’activité de création technologique des firmes multinationales, nous emploierons couramment l’expression ‘IDE en technologie’.

Nous ne nous proposons pas de donner ici une définition exhaustive de la firme multinationale (FMN) et de ses attributs juridiques et institutionnels. Il s’agit davantage de souligner les caractéristiques essentielles de la FMN, telles qu’elles sont présentées dans la littérature consacrée. P. Buckley et M. Casson ont ainsi proposé, dans un ouvrage-clé, une définition générique de la FMN : ‘[A]n MNE is defined as an enterprise which owns and controls activities in at least two counties’(Buckley & Casson [1976], p. 33). Cette définition, qui a le mérite de la simplicité, a été consacrée par la suite et est couramment reprise dans la littérature, à quelques aménagements près. Dans son ouvrage désormais ‘classique’, R. Caves avance ainsi la définition suivante : ‘The multinational enterprise (MNE) is defined here as an enterprise that controls and manages production establishments –plants‑ located in at least two countries’ (Caves [1982a], p. 1).

Les définitions traditionnelles, exposées ci-dessus, caractérisent donc la firme multinationale en fonction de l’internationalisation de sa production : c’est une firme qui réalise des activités de valeur ajoutée –voire qui possède des usines‑ dans au moins deux pays. Pour autant, ces définitions omettent une dimension essentielle des FMN, à savoir leurs activités de création technologique. Or, comme le souligne de façon pertinente B. Guilhon, ‘[l]a localisation de la R&D à l’étranger est l’équivalent technologique de l’IDE’ (Guilhon [1998], p. 74). Dès lors, la FMN pourrait ainsi être également définie comme une firme dont les activités de création technologique sont localisées dans au moins deux pays. En effet, une firme peut ne pas posséder d’unités de production en dehors de son pays d’origine, mais disposer d’unités de recherche internationalement dispersées (cf. Miller [1994]).

L’objet de notre recherche étant précisé, nous pouvons à présent expose notre démarche.