Section 2 : Une conception centripète de l’exploitation internationale de la R&D fondée sur l’incitation au contrôle des avantages technologiques

La théorie de l’internalisation, comme nous venons de le voir dans la première section, s’est émancipée à moitié de la ‘dépendance‘ —pour reprendre les termes de Casson ([1987b], p. 34)— des hypothèses contenues dans Hymer ([1960], p. 33)  42  : des deux motifs de multinationalisation distingués par cet auteur, la théorie transactionnelle de la FMN n’a retenu que celui relatif à la possession par une firme d’avantages spécifiques préalables à son internationalisation. En conséquence, de la nature duale de la FMN telle qu’elle avait été exposée par Hymer ([1970], p. 443), la théorie de l’internalisation n’en retiendra que la vision d’une institution capable d’une ‘efficience croissante’ (Acocella [1992], p. 233) 43 à mesure que le marché interne de la firme multinationale se substitue à un marché externe qui s’avère déficient pour les transactions relatives aux connaissances (1.). La théorie de l’internalisation explique ainsi l’existence de gains d’efficience, consécutifs à l’internalisation, par le contrôle accru que la FMN exerce sur ses avantages spécifiques soumis à un risque de dissipation croissant avec l’étendue de la dispersion géographique de la firme. L’incitation au contrôle, censée être caractéristique des FMN, permet in fine d’expliquer la préférence pour le recours à une logique d’exploitation internationale de la R&D de nature centripète (2.).

Notes
42.

cf. supra, Chapitre 1, Section 1 (point 1.2.2.).

43.

Au détriment de l’élément stratégique de l’IDE, relatif au motif de protection contre la concurrence oligopolistique, exposé dans Hymer ([1960], pp. 33 & 37-8) (cf. supra, Chapitre 1, Section 1, point 2.1.1.).