16.8.2. Analyse cognitive des résultats

Nous percevons de prime abord qu’Eloïse rencontre des difficultés pour les subtests qui exigent un traitement holistique de plusieurs stimuli, “Séries de photos” (4) soit 6,6 d’âge de développement; “Reconnaissance de formes” (5) - 6,9 d’âge de développement et “Triangles” (5) - 6,6 d’âge de développement et “Mémoire Spatiale” (7) - 7,6 d’âge de développement. Ces scores se situent entre 6,6 ans et 7,6 ans d’âge de développement alors que l’âge réel d’Eloïse est 9 ans et 3 mois.

Nous pouvons avancer l’idée que cette difficulté de traitement est liée au comportement impulsif d’Eloïse. En effet, dans le subtest “Séries de photos”, Eloïse n’opère le plus souvent qu’une seule erreur. Il arrive qu’elle s’en aperçoive mais trop tardivement pour rectifier son erreur.

Quant aux subtests impliquant des processus séquentiels, ils sont nettement mieux réussis que ceux impliquant les processus simultanés. Il faut noter que l’impulsivité d’Eloïse s’exprime dès le premier subtest “Mouvements de main” (11), particulièrement au niveau des derniers items (à partir du 16 ième sur un total de 21). Ce subtest est le mieux réussi par Eloïse, il correspond à un âge de développement de 10 ans.

Concernant les subtests de connaissances, ils révèlent une assez bonne culture générale au niveau de l’apprentissage du vocabulaire et de la compréhension sémantique, “Lecture et déchiffrement” (104) et “Lecture et compréhension” (106).

Nous retrouvons au subtest “Arithmétique” (81) correspondant à un âge de développement de 8 ans de nouveau des réponses impulsives. De plus, elle ne maîtrise pas sa table de multiplication.

En résumé, nous pouvons dire qu’Eloïse n’a pas de problème de mémoire à court terme. Elle possède un bon empan mnésique, “Mémoire immédiate de chiffres” (10) et “Suite de chiffres” (9).

Sa difficulté provient davantage d’un problème temporel et attentionnel dans la structuration des informations visuelles et géométriques. Il lui faut beaucoup plus de temps pour s’adapter aux nouveautés et pouvoir les intégrer. Les subtests “Triangles” (5) et la figure complexe de Rey illustrent parfaitement cette assertion. En effet, Eloïse met 10 minutes pour effectuer la copie de la figure de Rey alors qu’elle ne met que 3 minutes pour sa production de mémoire. La deuxième version est mieux élaborée, elle respecte les proportions, les tracés des médianes, les médiatrices. Son comportement est toujours impulsif, elle gomme souvent ses traits. Puis, lors de l’exécution de mémoire de cette figure complexe, nous sommes étonnés de constater qu’elle la reproduit sans difficulté et dans un laps de temps court (3 minutes). Elle est même capable de changer de type de construction de la figure, passant d’un tracé du contour général de la figure (type III) à un tracé du rectangle principal de type II. Eloïse a su lentement mais sûrement encoder et restructurer à bon escient les figures géométriques imbriquées. Nous retrouvons ce même comportement pour le subtest “triangles” où elle procède par tâtonnements. Progressivement, elle commence à comprendre l’agencement des triangles entre eux mais toujours tardivement et avec un temps d’exécution trop lent.

Ces observations illustrent donc sa bonne capacité d’analyse de stimuli concrets.

Quant aux stimuli qui exigent une abstraction, une indépendance à l’égard du champ, Eloïse rencontre des difficultés. Les subtests : “Devinettes” (80) soit 7,6 d’âge de développement ; “Reconnaissance de formes” (5), la situent respectivement dans les 10 derniers rangs et dans les 5 derniers rangs de la population générale. Nous émettons également l’hypothèse que la lenteur du traitement des données la pénalise dans les tâches qui exigent deux traitements cognitifs (analyse de chaque stimulus et synthèse de l’ensemble) comme dans les subtests « Séries de photos » et « Devinettes ».