2. Un territoire "en marge".

a. une périphérie du point de vue des axes de communication

La position homogène du territoire renforce certes son unité, mais contribue aussi largement à son éloignement des axes de communication innervant l'agglomération parisienne. Si Paris est sans conteste un carrefour économique de l'espace français, cette centralité est finalement tardive dans l'histoire 61 . Dès la fin du Moyen Âge, le territoire français s'organise en fonction de cette centralité parisienne. La Révolution française confirme cette centralité et au XIXe siècle, le plan Legrand qui prévoit l'organisation des chemins de fer en étoile autour de Paris renforce encore plus nettement cette distinction entre Paris et la province 62 .

L'organisation des réseaux de communication à l'échelle du territoire français a des conséquences essentielles pour la banlieue parisienne. En effet, ces axes de communication se révèlent fortement attractifs pour la localisation des activités humaines, et la proximité d'une liaison avec la capitale joue un rôle non négligeable dans le développement d'activités agricoles ou industrielles largement tournées vers le marché parisien. Toutefois là encore, le jeu des échelles est primordial. Jean Bastié insiste sur l'axe structurant que forment, selon lui, à la fois la Seine en amont de Paris et les voies de communication menant à Paris 63 . Or, l'espace étudié est situé en marge de ces axes structurants : le sud de la région parisienne.

Notes
61.

Nordman, D., Ozouf-Marignier, M.-V., dir., Atlas de la Révolution française, op. cit. ; Roncayolo M, "L'aménagement…" article cité, in Burguière, A., Revel, J. (dir.) L'espace français, op. cit. ; Lepetit, B. Les villes dans la France moderne (1740-1840). Albin Michel, 1988.

62.

Brunet R. (dir.), Géographie Universelle, France, Europe du Sud. Hachette–Reclus, 1990 ; Corbin, A."Paris–Province", in Nora, dir. Les lieux de mémoire, op. cit., pp. 2851-2888.

63.

Bastié, La croissance…, op. cit., p. 4.