En regard des critères extraits ci-dessus, les bibliothèques CADIST correspondent au profil recherché des bibliothèques demandeuses. La rapidité de leurs prestations, la richesse de leurs fonds et leurs tarifs relativement bas jouent en faveur d’une concentration des flux.
‘« Pour une bibliothèque telle que nous qui n’a pas des fonds très importants et qui a subi comme bien d’autres je pense des désabonnements, les CADIST sont une véritable solution. » Méd.2’Cette situation peut en revanche être très mal vécue par les CADIST. Certains services en viennent même à demander aux BU de limier le nombre de leurs demandes :
‘« On a tendance un petit peu à se dire que la Sorbonne va avoir tout ce qui est Lettres et Sciences Humaines (...) Ce qui fait que l’on se retrouve avec énormément de demandes à gérer (...) Je ne parle pas non plus de l’étranger où c’est flagrant, on connaît deux noms pour la France, la bibliothèque de la Sorbonne et la BNF, comme cette dernière ne prête pas, on reçoit énormément de demandes de l’étranger. Et parfois des choses stupéfiantes (...) Je crois que nous sommes victimes de la notoriété de la bibliothèque (...) ce n’est finalement pas le CADIST mais l’histoire de la Sorbonne elle même qui explique cela.» CA Shs3’Leur statut de bibliothèque de dernier recours – stipulé dans leur cahier des charges en 1980 - se transforme en celui de bibliothèque de premier recours, par des pratiques de professionnels :
‘« Oui, les CADIST qui me fournissent le plus, en tant que bibliothèques des sciences, sont les bibliothèques CADIST de chimie à Lyon et de Physique à Grenoble dont je suis satisfait et dont les tarifs ne sont pas plus élevés que d’autres bibliothèques universitaires. Peut être un des inconvénients des CADIST, c’est qu’il ne servent que de recours, c’est le terme officiel, on ne doit pas les utiliser en première instance ; je trouve que c’est un peu dommage parfois. » Sci. 5’Or, cette démarche qui va à l’opposé des efforts de coordination documentaire des Services Communs de Documentation – (SCD), n’est plus justifiée car un grand travail a été accompli depuis leur institution et les BU ne vivent plus la misère documentaire et budgétaire de l’époque de leur création 185 .
Pour les professionnels que nous avons rencontrés, ce phénomène souligne ‘« un fossé ’» entre les fonds des bibliothèques CADIST, principalement situées en région francilienne et les bibliothèques non-CADIST, majoritairement provinciales. La désignation d’un certain nombre de bibliothèques CADIST comme pôles associés à la BNF et recevant de ce fait des subventions destinées à l’enrichissement des fonds ouvrages n’a fait qu’exacerber le sentiment du ‘« fossé ’». En effet, l’annuaire des bibliothèques universitaire 186 rapporte que sur 100 BU, 20 bibliothèques détiennent 50 % des collections, d’où le paysage inégalitaire.
- Jolly, Claude. – « Bibliothèques Universitaires : regards sur les changements », in : Bulletin des Bibliothèques de France, 2001, t.46, n°6, pp.50-54.
- Annuaires des Bibliothèques Universitaires, 2000.