Le champ des STM est certainement celui où la publication scientifique a connu les transformations les plus significatives, tant du point de vue de sa formalisation que de celui de sa diffusion. Le Web et les technologies numériques ont contribué à changer la conception du temps chez les publics STM. Comme le soulignent Gérard Boismenu et Guylaine Baudry 220 , les valeurs associées au monde numérique – l’instantanéité, la disponibilité, la proximité, l’individualité et l’interopérabilité – rencontrent facilement celles de la recherche, particulièrement en STM. Une synthèse de l’étude de SuperJournal 221 montre que les désavantages du support en STM sont plutôt ceux des services de conception morcelée de la collection (particulièrement dans le cadre d’un réseau décentralisé), d’horaires d’ouvertures, et de désabonnements. Tous ces facteurs ont donc concouru à favoriser la migration des publics des services de PEB vers le Web.
Prenons l’exemple de l’accès à un type de documents spécifiques : les instructions aux auteurs, ou ‘« note to contributors ’ », les recommandations des éditeurs de revues scientifiques concernant la forme des articles à soumettre (longueur, police, présentation des références bibliographiques, etc.). Les chercheurs qui souhaitent proposer un article doivent impérativement suivre ces recommandations pour se voir accepter le dépôt d’article. Ces instructions ont donc constitué une demande de FDD régulière dans les sections STM. Avec l’arrivée du Web, les éditeurs ont mis en ligne leurs instructions aux auteurs, gratuitement. Les publics STM ont alors abandonné la FDD au profit d’un accès direct sur le réseau. Ainsi, la BU la plus fournisseuse du réseau universitaire de section santé nous a fait part de la baisse considérable de la demande :
‘« Nous avons de moins en moins de demandes concernant ces dernières (instructions aux auteurs). En FDD, c’est quelque chose que l’on nous demandait assez souvent pour tel ou tel périodique quand les chercheurs voulaient y publier. A présent, ils se débrouillent eux-mêmes sur Internet, parce qu’il y a plusieurs bases de données d’instructions aux auteurs et les éditeurs ont de plus en plus aussi un site WEB sur lequel ils les mettent à disposition. Ce qui fait que de notre côté, nous avons de moins en moins tendance à les photocopier, beaucoup de fax étaient d’ailleurs étaient utilisés à cela. » CA Méd.3 ’