II. La reconnaissance des mots écrits

Lorsque l’enfant entendant s’engage dans l’apprentissage systématique de la lecture, il dispose de la moitié des connaissances requises puisqu’il a acquis le langage parlé et par conséquent possède des codes phonologiques et sémantiques des mots oraux. Il lui reste à apprendre les codes orthographiques des mots écrits et à mettre en relation ces codes avec les codes phonologiques et sémantiques. Comment les principaux modèles de l’apprentissage de la lecture rendent-ils compte de cet apprentissage ? C’est ce que nous tenterons d’expliquer dans la présente partie.

Nous exposerons dans un premier temps les processus mis en œuvre chez le lecteur expert afin de mieux comprendre ce qui se joue lors de l’apprentissage de la lecture ; pour cela, nous présenterons et comparerons les modèles à double voie et connexionnistes. Puis nous évoquerons les principaux modèles de l’apprentissage de la lecture. Nous mettrons en évidence une évolution de ces modèles (des modèles sériels vers des modèles interactifs). La présentation de ces différents modèles théoriques a pour objectif : d’une part de servir de base au cadre interprétatif proposé récemment par Gombert (2003 ; in press) sur l’apprentissage de la lecture, que nous présenterons en fin de chapitre et sur lequel nous nous appuierons tout au long de la suite de l’exposé ; d’autre part, d’essayer de mieux comprendre les conséquences d’un déficit phonologique telle que l’absence d’un développement de représentations phonologiques précises montrée par les enfants sourds, dans l’apprentissage de la lecture.