2. La grille d’observation :

  1. L’environnement :
  • Les acteurs :
    Le support focalise t-il plutôt sur l’un ou sur l’autre ? Centrage sur l’un ou sur l’autre ?
    Que doivent faire les acteurs (espace réservé ou pas) ? Rôle bien cloisonné ou interaction ?
    • Le rôle de l’enseignant/concepteur : facilitateur, donneur de leçons, guide, informateur, accompagnateur ?
    • La place de l’apprenant ou des apprenants : un acteur à qui on donne des responsabilités, un apprenant qui n’est pas sous-évalué (Lui donne-t-on des tâches plus dures ?) Cf. Manuel et CD-rom : pas la même position de l’apprenant (autonomie vs. présentiel). Dans le CD-rom, l’apprenant est utilisateur, alors que dans le manuel, il n’est pas l’utilisateur direct (guidage de l’apprenant).
  • La matière première (la grammaire):
    • Quand la grammaire est-elle traitée, pour savoir où nous pourrons l’analyser dans les supports ? isolée (ex : le plus tard possible), intégrée au thème de la communication, centrale, est-ce que la grammaire est présente ailleurs que dans l’explication et les exercices grammaticaux ? Peut-on parler d’« abondance des rubriques grammaticales » (Vigner : 2004 : 27) ?
    • Est-elle mêlée à d’autres domaines (lexique, phonétique, stylistique, pragmatique) ? : se limite-t-elle à la morphologie (telle la méthode grammaire-traduction) ; son champ d’action s’élargit-il à la réflexion sur la langue en tant que forme en général ?
    • Place de tout « élément de description grammaticale » (même les tableaux en annexe) (Vigner : 2004 : 27)
    • Comment le savoir est véhiculé ? Est-ce que la grammaire est plutôt explicative ou de type immersion ? Comment se fait la conceptualisation ? Cf. Vigner  (2004 : 28) affirme qu’un « travail d’explicitation » n’occupe pas forcément la place la plus importante.
    • L’« appareil grammatical » (Vigner : 2004 : 19) est-il plutôt massivement développé ou pas, ou plutôt étalé sur tout le programme, ou ponctuel et intensif (comme les programmes français) ?
  1. Les sources et les outils :
  • Matériel utilisé et mis à profit de la grammaire (vidéo, cassette, etc.)
  • Références (corpus) : un article réuni dans l’ouvrage « La place de la grammaire dans l’enseignement des langues étrangères » soulève le problème de la fréquence rare dans les usages des points traités habituellement dans la grammaire. Est-ce que la grammaire de nos supports fait un choix différent correspondant davantage à la réalité des usages et non à la pertinence linguistique des faits étudiés ?
  • Place de la L1 et L2 : Donne t-on une place plus importante à la L2 (sorte de bain linguistique) ou à la L1 ? Leur attribue-ton un rôle particulier ? A quel moment interviennent-t-elles ? A quoi servent-t-elles ?
  1. Organisation de l’apprentissage par les professeurs-concepteurs: Cette catégorie reprend certaines étapes suggérées par Martinez (1996 : 44), et traditionnellement suivies par les enseignants pour passer du savoir externe à l’acquisition de celui-ci :
  • Organisation du savoir : le savoir est-il organisé selon une logique ? Laquelle ? Cf. Le CD-rom est un réseau : articulation des activités (qu’est-ce que cela implique, où se situe la différence dans un manuel ?), « mode de traitement d’un point grammatical » ?
  • Découpage de l’apprentissage : l’apprentissage se fait-il en plusieurs étapes ? Lesquelles ?
  • Présentation ( : Façons dont les matériaux de la langue cible sont présentés aux apprenants > Cf. éventuellement formulation d’un problème : Klein) , « Mode de présentation » d’un élément nouveau de langue (Vigner : 2004 : 29)
  • Préparation des données de la langue à apprendre > Klein (par l’enseignant ou l’apprenant), comment ? (rôle de l’étayage)
  • Explication (description, grammaire explicative, exercice de conceptualisation > Besse)
  • Transposition (place de la pratique) > possibilités qui sont données à l’apprenant d’utiliser les données décrites, comprises et apprises > Klein, les exercices. Qu’apportent les exercices ?, comment ?
    Idée : Faire une typologie des exercices nouvelle par rapport à celle de Besse et Porquier
  • Révision ( en annexe, sous forme d’activités ou pas)
  • Evaluation/test (au moins à objectif formatif)
  1. Transformation du savoir grammatical :
  • Terminologie : est-elle particulière ou simplifiée ? A–t-on trouvé un moyen pour l’adapter à un public de non-initié (débutant)?
  • Place de la didactisation et de la pédagogie dans la théorie et les exercices
  • Type de grammaire utilisé (ex : grammaire pédagogique)
  • Jeux particuliers avec la forme pour présenter et s’exercer sur les nouvelles données de la langue introduites ?
  • Dans le chapitre 8 de leur livre, Germain et Seguin indiquent que le propre d’un cours avec un enseignant est qu’il possède tous les éléments pour faire une « grammaire interactive » qu’il pourra adapter à l’apprenant sous forme de répétitions, explications…Le processus d’apprentissage est donc relativement favorisé chez les apprenants. Ainsi on peut se demander comment procède le CD-rom pour lutter contre cette lacune importante. Qu’est-ce qu’implique l’absence humaine ? En classe de langue (avec un manuel), l’enseignant négocie les termes et la forme du contenu selon l’apprenant. Cependant, un CD-rom se suffit le plus souvent à lui-même. Comment cet écart dans le CD-rom est-il comblé (dans le domaine de la grammaire exclusivement) ?
  • Place de l’écrit et de l’oral
  • Place du ludique (jeux de manipulation de la forme)
  1. Mécanismes cognitifs / comportementaux mis en jeu pour l‘apprenant ( : part de la psychologie d’apprentissage (Lutz Götze) et pas seulement de la linguistique):
  • Apprentissage mécanique (cf. Behaviourisme : comment est-il évité ?)
  • Construction du savoir (Piaget, remise en cause de l’équilibre de l’interlangue)
  • Part d’imitation/répétition/analogie (inspiration behaviouriste : si elle est présente, comment est-elle rendue profitable ?> Bange, Carol, Griggs: 2003)
  • Mémorisation (quels sont les moyens utilisés ? Comment est-elle favorisée ?)
  • Grammaticalisation : comment est-elle favorisée ? Est-ce que les activités de communication permettent elles aussi la grammaticalisation ?
  • Une méthode pour les débutants implique plus d’efforts pédagogiques pour bien amorcer l’apprentissage des langues. Comment fait-on dans les deux supports ?
  • Place accordée à la communication/interaction en groupe dans la grammaire elle-même (condition de travail sur la grammaire)/simulation, la grammaire est-elle introduite dans un contexte? ou fait-on de la grammaire pour de la grammaire (sur la nature du langage ou sur la compétence linguistique au dépend de la compétence communicative) ? Qu’est-ce que cela lui apporte ?
  • Place laissée au raisonnement et à la réflexion de l’apprenant (grammaire active ou passive)
  • Grammaire contrastive (appui de la L1 pour appréhender la L2 ?)
  • Libertés accordées (part d’action réservée à l’apprenant)
  • Dynamisme vs. monotonie (interactivité pour l’apprenant et l’enseignant)
  • Relation sens/forme (Vigner : 24)

  1. L’autorité :
  • Correction (est-elle objective ou non, à quelle moment elle intervient et comment?)
  • Place de la norme (comment la théorie est-elle présente, quand et comment apparaît-elle ?)
  • Place de l’erreur (qu’en fait-on ?, comment sont-elles appréhendées, est-ce que l’on rebondit sur les fautes ou sur l’absence de fautes ?)
  • Grammaire normative
  • Exhaustivité de la grammaire, focalisation sur certains points ou description synthétique ?
  • Place de la difficulté (ex : présentations des irrégularités)