Synthèse des niveaux de connaissance mis en jeu dans l’activité B par le binôme K&F

Tableau 58 : Synthèse des niveaux de connaissances mis en jeu dans l’activité B par le binôme K&F
Niveaux de connaissance selon le savoir savant Niveaux de connaissance mis en jeu par K&F
(o, Mgr) (p, é) (Mgr, é, é, é, é, t)
(Mgr, é, é, é, é)
(o, Mnum, Mch, é, G)
(é, p, é, p, o)

Pour les deux premiers raisonnements de K&F, le modèle géométrique a été directement articulé avec le niveau évènement sans définir toutes les entités mises en jeu (o) au cours de la réaction chimique. Le niveau théorique (t) apparaît pour rendre compte des réactions chimiques sans faire un retour sur les entités chimiques impliquées. Le troisième raisonnement modélisé par (o, Mnum, Mch, é, G) met en jeu le modèle de Nernst et articule la réaction avec la grandeur concentration et les potentiels de référence. Les étudiants se réfèrent au couple Fe3+ / Fe2+ qu’ils n’identifient pas au couple Fe(OH)3/Fe(OH)2. K&F interprètent alors la formation de Fe(OH)3 par une propriété cinétique.

Synthèse des niveaux de connaissance mis en jeu dans l’activité B par les trois binômes

En s’appuyant sur notre cadre théorique et d’après l’analyse des niveaux mobilisés par les différents binômes nous constatons que, pour interpréter une évolution du système, certains étudiants (J&C, S&A) se réfèrent en premier lieu aux objets et ne mobilisent pas, au début du raisonnement, de modèle chimique. Cela se voit par exemple avec S&A pour qui la formation de Fe(OH)3 ne nécessite que la présence d’ions Fe3+ ; cela se voit également avec le binôme J&C qui fournit l’équation de la réaction à partir des objets qu’il a identifiés et c’est seulement par la suite qu’il interprète la réaction à l’aide d’un modèle. Le binôme Y&B, quant à lui, ne se réfère pas au niveau théorique, il interprète l’évolution du système en mobilisant seulement les niveaux objet et propriété.

Contrairement à ces trois binômes, le quatrième (K&F) articule directement plusieurs types de modèles (Mgr, Mnum, Mch) avec le niveau événement sans définir toutes les entités mises en jeu. Dans un cas comme dans l’autre, il a manqué à chaque fois que objets et modèles soient simultanément pris en compte et articulés au sein d’une explication.

Nous pouvons conclure d’après l’analyse des niveaux de connaissance mobilisés par les binômes que l’absence du lien entre les objets impliqués dans la réaction et le modèle mobilisé par l’étudiant ne permet pas de vérifier si un modèle est adapté à la situation. Par conséquent, il n’est pas aisé d’adopter un nouveau modèle qui rendrait compte des entités chimiques présentes et qui permettrait d’expliquer et d’interpréter les observations expérimentales.