7.2.3.1. Des territoires spécialisés pour les modes doux

Avant que, sur le marché de la mobilité individuelle, « la motorisation croissante des ménages [ne transforme] la bicyclette en mode de second choix » 1139 , le succès des déplacements mécanisés s’était déjà inscrit dans l’espace urbain aux dépends de la pedestrian city. Pour autant, dans leur confrontation avec l’automobile, la destinée de ces modes doux apparaît largement commune. C’est ainsi que « les évolutions relatives à ces modes peuvent appeler deux types d’explication, dont il est difficile d’établir la part : la densité d’activités praticables dans le rayon d’action de ces modes se réduit, avec l’essor des tissus périurbains peu denses d’une part, la perte d’attractivité des activités de proximité (petit commerce) ou encore leur regroupement (complexes multisalles pour le cinéma…) ; l’attraction de ces modes, sur leur marché naturel (les déplacements courts) est réduite à la fois par les nuisances de la circulation automobile (celle des autres !) et la présence de plus en plus fréquente de voitures disponibles au foyer. » 1140 . L’accompagnement de plus en plus fréquent des enfants à l’école en voiture 1141 est l’exemple-type où tous ces mécanismes jouent et se renforcent mutuellement pour être finalement porteurs d’une "automobilisation" des modes de vie.

Notes
1139.

J.R. CARRE, "Mobilité urbaine et déplacements non motorisés : situation actuelle, évolutions, pratiques et choix modal", in TEC, n°148, mai-août 1998, p.20.

1140.

A. BIEBER, J.P. ORFEUIL, "La mobilité urbaine et sa régulation", in Les annales de la recherche urbaine, n°59-60, p.134-135.

1141.

L’accompagnement est le motif de déplacement qui a le plus crû dans la France des années 90.