9.1. Les enjeux d’une contestation de l’automobile en milieu urbain

A travers les avantages qu’elle s’est vue octroyer en milieu urbain et qui sont venus conforter de réelles dispositions à accéder à une place de choix dans les pratiques de mobilité, la voiture particulière a cristallisé des enjeux multiples s’inscrivant dans les champs locaux comme dans les champs nationaux. Si ces enjeux ont constitué une solide structure d’intérêts venue appuyer la production de conditions spatiales susceptibles d’assurer la durabilité du règne urbain de l’automobile, ils demeurent néanmoins loin d’être monolithiques et consensuels.

Pour dégager les perspectives de contestation de la place prise par ce moyen de transport dans l’espace urbain, il importe donc d’abord de juger globalement de la vigueur persistante du lien établi, au niveau des principes de régulation publique, avec la politique économique et industrielle et, au-delà, de la réalité actuelle des subventions sociales accordées à l’usage de l’automobile. Puis, dans un second temps, ce sont les externalités 1677 négatives relevant de ce choix social qui retiendront notre attention, tant les coûts sociaux consubstantiels au règne urbain de l’automobile apparaissent aujourd'hui, notamment du fait de la montée en puissance des préoccupations liées aux enjeux environnementaux, comme les fers de lance potentiels d’une contestation territoriale.

Notes
1677.

En économie, il y a externalité lorsque la consommation d’un bien pour un individu i modifie la fonction d’utilité d’un individu j. Or, dans la mesure où elle concilie divisibilité totale et concernement collectif, l’automobile est un bien individuel porteur d’externalités.