Variations selon l’origine sociale

Voyons à présent le détail des écarts selon l’origine sociale du taux de passage par les ENI en calculant les taux de variation ayant pour base le taux des professeurs issus des classes populaires :

Tableau 42 : Passage par l'École normale selon l’origine sociale
en % Femme taux Homme taux
agrégés        
classes populaires 17,9 100% 26,5 100%
classes moyennes 14,0 78% 11,8 44%
classes supérieures 2,1 12% 2,9 11%
ensemble 8,4 47% 15,1 57%
certifiés        
classes populaires 11,4 100% 15,5 100%
classes moyennes 8,5 74% 13,2 85%
classes supérieures 3,0 26% 3,9 25%
ensemble 7,1 62% 11,8 76%
Origine : tableau précédent
Lecture : 14,0% des femmes agrégées originaires des classes moyennes sont passées par l'École normale, ce qui correspond à 78% du taux observé parmi leurs collègues originaires des classes populaires.

À la lecture de ce tableau, au-delà des fluctuations mineures selon les catégories d’enseignants, on note que, d’une part, il existe un écart important entre professeurs d’origine populaire et ceux originaires des classes moyennes et, d’autre part, un changement d’ordre de grandeur quand on passe aux professeurs originaires des classes supérieures. Pour les agrégés, le rapport est de un à dix, tandis que pour les certifiés il est de un à quatre. Cela peut sans doute constituer un élément explicatif de la constatation contre-intuitive faite précédemment sur le taux de passage par les ENI plus élevé parmi les agrégés que parmi les certifiés. Finalement, l’écart global entre les agrégés et les certifiés (de 15,1% à 11,8%) peut s’expliquer en grande partie par le taux très élevé parmi les agrégés issus des classes populaires. Et l’on peut penser que, pour nombre d’entre eux, l’École normale était la seule possibilité d’accéder au professorat, ce qui expliquerait que plus d’un agrégé sur quatre de cette origine sociale a suivi ce cursus.