Pour étudier l’historicité des armes nucléaires israéliennes, nous abordons en premier lieu, le rôle des scientifiques israéliens et nous détaillerons les démarches entreprises auprès de Washington et de Paris. On étaye par la suite le rôle de la CIA et celui de la France. En deuxième lieu, on s’intéresse au rôle des trois administrations durant la décennie (entre 1956 et 1966). On porte notre regard sur l’administration Eisenhower, sur celle de Kennedy et enfin sur celle de Johnson. En troisième lieu, on focalise notre analyse sur les trois crises majeures qui ont opposé Israéliens et Arabes (1956, 1967 et 1973). On suit ici l’évolution de la notion de dissuasion entre les acteurs dans la région. Avec des documents inédits, révélés pour la première fois dans cette partie, nous sommes au cœur de la question de la prolifération. Ici, on verra comment les puissances nucléaires ont aidé les Israéliens à accéder à la technologie nucléaire. Dans ce chapitre, on aborde et on analyse la question de l’origine de l’arme nucléaire israélienne. On voit que dès le début, surgit la notion de l’ambiguïté israélienne dont on parle beaucoup, mais on parle moins de celle de Washington.
Nous allons analyser l’articulation entre ces deux démarches. Car dans le domaine de la prolifération nucléaire au Moyen-Orient, Washington ne peut pas nier d’avoir fermé les yeux, pour permettre aux israéliens comme aux Indiens de développer les armes nucléaires. On aborde dans cette partie l’aube de l’histoire des armes nucléaires israéliennes. Le désir de rêve même de l’établissement d’un État hébreu, engendre un large consensus au sein de la communauté juive dispersée dans le monde. La guerre israélo-arabe 1948-1949, -qui a lieu juste après la création de l’État d’Israël- permet de resserrer les liens qui unissaient cette population meurtrie par l’histoire. Se forme alors le triangle Bergmann, Pérès et Ben Gourion qui gardera le secret plusieurs années.
Dans cette partie, nous nous trouvons à l’aube de l’histoire nucléaire israélienne. On suivra sa naissance et le contexte international dans lequel les choses ont évolué depuis 1950. C’est à partir de 1955, que la volonté des israéliens s’affiche vers un programme nucléaire militaire. Cette détermination se montre dès la première conférence de Genève en août 1955. Les documents montrent comment, à partir de 1957, on savait ce qui se passait à Dimona et comment le AEC (Atomic Energy Commission), le Department of State, ou encore la Maison Blanche ne donnent aucune suite aux rapports de la CIA relatifs au programme nucléaire israélien et comment, à Washington et à propos de la centrale de Dimona, aucune des photos prises par les avions U-2 ou le satellite Corona, n’est rendue publique.