Nasser refuse le plan américain

L’administration Kennedy notifie à Nasser que la centrale de Dimona est en phase avancée de travaux, mais que cette centrale, malgré le fait qu’elle soit construite à des fins civiles, permet tout de même la production de matériels du nucléaire de nature militaire. Il notifie toutefois que Washington ne voit pas de signes d’inquiétude. La Maison Blanche signale aux Égyptiens sa volonté de mettre en place une mission de surveillance et de contrôle d’armes au Moyen-Orient. L’administration Kennedy signale par ce fait que les Égyptiens devraient ralentir la course à l’armement pour apaiser les inquiétudes des Israéliens. Nous sommes en été 1963, et à ce stade, les Égyptiens n’ont aucune crainte à avoir d’une éventuelle inspection de leurs installations nucléaires. Mais Nasser se montre méfiant. Il ne voit pas de bon augure la mise en place par les Américains d’une commission de surveillance sur la course à l’armement au Moyen-Orient. Au Caire, on se montre suspicieux envers cette initiative américaine. Nasser juge les efforts de l’administration Kennedy comme une ingérence dans les affaires de l’Égypte et ne trouve pas utile d’accepter la proposition américaine.

Le Caire estime inutile de donner crédit à l’urgence avec laquelle Washington souhaite traiter ce dossier. Nasser voit là une main israélienne qui, dans l’ombre, oriente la politique américaine dans le but de stopper son programme d’armement. Il persiste et signe et se réconforte dans ses convictions. Cette méfiance est à son tour mal perçue par les Israéliens qui ne voient dans cette attitude qu’une volonté manifeste de la part de Nasser de développer des armes nucléaires. La position égyptienne est interprétée aussi par Tel-Aviv comme la preuve d’une volonté égyptienne de poursuivre son programme de missiles. En juillet 1963, McCloy retourne une deuxième fois au Moyen-Orient. Il commence par visiter le Caire avant de se rendre à Tel-Aviv. Il propose le plan américain visant la mise en place d’une politique de contrôle de l’armement au Moyen-Orient. Mais Nasser, lorsqu’il rencontre McCloy et l’ambassadeur américain au Caire, signifie que son pays ne peut accepter une telle offre. Car Nasser estime que celle-ci introduit une inspection occidentale de l’armement égyptien. Cette position met fin à la 2ème mission de l’émissaire américain McCloy. Ce dernier ne se rend même pas à Tel-Aviv, car sa mission est ainsi vidée de son objectif. Le Secrétaire d’État Dean Rusk renvoie, à une date ultérieure, la visite de McCloy en Israël, mais cette visite n’aura jamais lieu. Se solde alors par un échec le seul effort et l’unique initiative américaine de contrôle d’armement dans le Moyen-Orient.