Un rapport de 2 pages d’une conversation, daté du 13 août 1969 (Annexe 108) 564 , détaille une discussion entre le représentant de la Commission d'Energie Atomique et le département d'État concernant la dernière visite américaine du site de Dimona un mois plus tôt en juillet 1969, ainsi que la suite à donner à cette visite. Le document montre clairement le sentiment de frustration des membres de l'équipe américaine par rapport aux directives imposées durant l’inspection, ainsi que le manque de préparation côté américain en ce qui concerne les efforts réellement possibles d'inspections futures. Mais, ces visites n’auront pas lieu. C’est en raison de la nouvelle entente entre Américains et Israéliens conclue lors de la réunion entre le Président Richard Nixon et le Premier ministre Golda Meir. L’Ambassadeur Yitzhak Rabin est alors approché par le sous-secrétaire d’État Elliot Richardson. Ce dernier demande de discuter du sujet de la centrale et du nucléaire israélien. L’ambassadeur israélien à Washington -futur Premier ministre- ne donne pas de suite favorable à cette demande et suggère que cela soit discuté après la rencontre entre le Président Nixon et Golda Meir. Contrairement à Eskhol, Mme Meir garde sa conviction sur le fait que les Israéliens doivent lier le nucléaire à un besoin sécuritaire. Persuadée de l’indulgence du Président Nixon vis-à-vis de la prolifération nucléaire, Mme le Premier ministre croit le convaincre. Elle pense modifier l’approche américaine au sujet du nucléaire israélien. D’après elle, un pays ami des États-Unis, avec des capacités de dissuasion nucléaire, ne peut qu’être bénéfique pour les Américains. Avec cette logique Golda Meir pense convaincre Nixon que cela servira les intérêts américains. Elle n’en aura pas l’occasion. L’affaire Watergate va noyer Dimona dans les montagnes des eaux du scandale. Nixon démissionne en août 1974.
Annexe 108, Memorandum of Conversation, Department of State, Subject : 1969 visit Dimona. Source : National Security Archive.