Il y a deux questions majeures auxquelles les stratèges israéliens essaient de trouver des réponses. Faut-il se déclarer comme une puissance nucléaire ? Faut-il développer une politique de seconde frappe. Le Jerusalem Post en août (1998) 916 rapporte que le bulletin londonien, Foreign Report, affirme que le Ministère israélien de la Défense exerce sans cesse des pressions sur le gouvernement. Le Ministère demande l’adoption d’une politique qui permettrait au Tsahal de riposter avec les armes nucléaires, au cas où il subirait une première frappe. Le bulletin signale également que le gouvernement israélien est de plus en plus convaincu que la force de dissuasion nucléaire de l'État hébreu sera insatisfaisante. Une première frappe nucléaire iranienne pourrait neutraliser ou détruire les possibilités d’une riposte israélienne. Selon ces engagements, Israël ne doit pas effectuer des essais nucléaires, encore moins déclarer ouvertement son arsenal nucléaire. En outre, Gerald Steinberg (1998) 917 , souligne qu’une grande majorité de la classe politique israélienne et de la population soutient la politique de l'ambiguïté nucléaire.
À la différence de l’Asie du sud, « le statut et la politique nucléaire ne joue pas un rôle dans la politique intérieure israélienne, et il n'y a aucun lobby qui encourage les essais nucléaires » écrit G. Steinberg. Il souligne qu’Israël n'a rien à gagner et beaucoup à perdre s’il suivait l’exemple de l'Inde en devenant une puissance nucléaire déclarée. Mais Steinberg note que dans le long terme, les essais nucléaires du sud asiatique peuvent inciter Israël à opter pour une force de seconde frappe et augmenter ses efforts pour développer une défense contre la menace des missiles balistiques régionaux (Gerald Steinberg, 1998). Le Foreign Report souligne qu'Israël pourrait développer des possibilités de seconde frappe à partir de trois sous-marins que l'Allemagne a récemment fournis aux Israéliens. Les sous-marins, déployés en 1999, pourraient fournir l’élément principale d’une force nucléaire pour le lancement des missiles de croisière. Selon les analystes de la défense, une fois qu'Israël maîtrisera les technologies requises, il aura la capacité de produire les missiles de croisière à longue portée en une période courte, ce qui pourrait servir de base à une seconde frappe nucléaire.
En décembre 2000, le Général Avraham Botzer, ancien commandant de la marine, lors d’une interview à la télévision israélienne explique qu’Israël a besoin des sous-marins comme plate-forme d’un système d'armement pour sa stratégie de dissuasion contre une possible attaque avec des armes de destruction massive. Partisan de la dissuasion, le général Botzer deux ans auparavant, en (1998) 918 , faisait savoir, dans un article dans le Washington Times, que les sous-marins sont une manière de garantir que l'ennemi ne sera pas tenté pour mener des frappes préventives avec des armes non-conventionnelles et rester sans riposte.
Douglas Davis, “Defence Officials Said Urging Nuclear Second-Strike Capability,” Jerusalem Post, 6 août 1998, p. 3.
Gerald M. Steinberg, “Assessing the Impact of the Indian and Pakistan Nuclear Tests on the Middle East,” Jerusalem Letter/ Viewpoints, N° 386, Jerusalem Center for Public Affairs, 15 juillet 1998.
Martin Sieff, “Israel Buying 3 Submarines to Carry Nuclear Missiles,” Washington Times, 1 juillet 1998, p. 1.