La dernière vague de pensée portant sur la psychologie de la dissuasion, comme par exemple, Donald C. Whitmore (1995, pp. 17-19 et 57) 919 ; Donald C. Whitmore, (1998) 920 ; James Schlesinger, (1997) 921 ; Donald C. Whitmore, (1993, p. 8) 922 ; John M. Broder, (1992) 923 ; Donald C. Whitmore (1993, p. 29) 924 ; George Quester(1994, pp. 103-114) 925 , montre que dans la psychologie de la dissuasion, il y a deux logiques qui vont à l’encontre des possibles recours aux armes nucléaires. Cela met en cause le fondement même de la dissuasion qui se base sur une logique rationnelle. Il y a d’un côté la DMA Destruction Mutuelle Assurée, de par la nature destructrice de ces armes. Il y a de l’autre côté la logique du non usage des armes nucléaires. Premièrement, la destruction mutuelle assurée, (Mutual assured destruction) acquiert une riposte militaire significative aux actes agressifs, c’est-à-dire, le spectre de la guerre nucléaire est trop horrible et les risques de l'escalade nucléaire sont trop grands pour risquer une confrontation militaire. Deuxièmement, le non-usage des armes nucléaires est un obstacle contre l’usage de ces armes comme armes d’opérations. L’usage de ces armes lors d’un conflit est moralement répréhensible et une telle utilisation est rendue impossible pour des raisons logistiques. À la fin de la guerre du Golfe, dans une interview, le Général Colin Powell (général lors de la guerre du Golfe, devenu Secrétaire d’État américain sous l’administration G. W. Bush fils), souligne que « la dévastation monstrueuse et la pollution radioactive créée par les armes nucléaires les rendent inutiles pour atteindre raisonnablement, un objectif militaire. » L’illustration récente de ce raisonnement est la guerre du Golfe de 1991 et le refus américain lors de l’opération ‘’Tempête de désert’’, d’autoriser l'usage d'armes nucléaires dans le golfe Persique, avant même le début de la guerre. Les arsenaux nucléaires n'empêchent pas nécessairement les actes agressifs, mais peuvent avoir l'effet psychologique opposé : c'est-à-dire transformer les inhibitions en agression. Dans cette logique, des actes agressifs peuvent avoir lieu avec, au fond de la pensée du challenger l'impunité relative. Un challenger raisonnera de la façon suivante : parce que le dissuadant s'abstiendrait de riposter avec les armes nucléaires qui impliqueraient un désastre nucléaire, je peux donc défier la dissuasion. Dans la pratique, la confiance dans les arsenaux nucléaires pour une solide protection contre les agressions s’avère plus une question de fantaisie que de réalité.
Donald C. Whitmore, “Rationale For Nuclear Disarmament”, Monograph Series on Security and Arms Control, vol. II,, mars, 1995, pp. 19- 57.
Donald C. Whitmore, Revisiting Nuclear Deterrence Theory, Monograph Series on Security and Arms Control, 1 mars 1998.
James Schlesinger, “Nukes: Test Them or Lose Them”, The Wall Street Journal, 19 novembre 1997.
Donald C. Whitmore, “Characterization of the Nuclear Proliferation Threat”, Monograph Series on Security and Arms Control, avril 1993, p. 8.
John M. Broder, “The Growing Fear of Nuclear Proliferation”, Tacoma News Tribune, 26 janvier 1992.
Donald C. Whitmore, “Rationale For Comprehensive Test Ban”, Monograph Series on Security and Arms Control, septembre 1993, p. 29.
George Quester, “No-First-Use and Nonproliferation:Redefining Extended Deterrence”, Washington Quarterly, mars 1994, pp. 103-114.