Ce critère est utilisé par Lehmann et Martin-Berthet (1997 : 172) et Paillard (2000 : 46) qui prennent comme exemple la lexie composée FR pomme de terre substituable dans une phrase par la lexie simplepoireau ou carotte. Dans le domaine d’Internet :
Mais les séquences fortuites et les collocations peuvent, elles aussi, être remplacées par des lexies simples :
Nous remarquons que, dans ces exemples, la perte d’information est plus importante lorsqu’une lexie simple remplace une séquence fortuite plutôt qu’un composé ou une collocation. Qu’y a-t-il dans la marmite ? En quoi est la forteresse ? Ceci est logique : les composés sont des produits finis (des unités de sens), les collocations sont des produits semi-finis (des combinaisons reconnues par les locuteurs) alors que les séquences fortuites sont des combinaisons arbitraires, non idiomatiques. Ce critère semble assez efficace pour différencier les composés des séquences libres mais pas des collocations, probablement parce que ces dernières sont consacrées par l’usage. Il est assez rare que le concept désigné par un composé soit aussi désigné par une lexie simple (FR avion suicide et kamikaze, ES paving stone et sett) ou ait pour équivalent une lexie simple dans d’autres langues 48 (FR soutien-gorge et EN bra EN paving stone et FR pavé)(Arnaud, 2004 : 334).
Arnaud a procédé à des comparaisons inter-langues avec l’anglais, l’allemand, l’arménien, le basque, le bininj gun-wok, le cri, le français, le gallois, le hongrois, le khmer, le tamazight et le turc (2004 : 348-349).