2.6.5 Résultats

Fig. 25 : Classement moyen des 10 odorants selon leur ressemblance qualitative par rapport à l’odeur d’ananas tel que les sujets se l’imagine. Le caproate d’allyle est classé premier en moyenne car les sujets lui confère en moyenne la plus forte ressemblance avec l’odeur d’ananas suivi du caproate d’éthyle. La formulation A1 est un mélange binaire équi-volumique composé d’isobutyrate d’éthyle (3 %) et d’éthyle maltol (0,7 %) a été classé 3ème et la formulation A7 qui est un mélange ternaire équi-volumique composé de Isobutyrate d’éthyle(2,05 %), d’éthyle maltol (0,5 %)et d’allyle ionone (0,30 %) a été classé 4ème. Notre candidat « local », l’accord fusion (ACCF) est un mélange binaire équi-volumique constitué de caproate d’éthyle (3,7 %) et de furanéol (3,7 %) et a été classé 5ème. Puis les dernières places sont occupées par l’éthyle maltol, l’allyle ionone, l’huile essentielle (Euracli), l’isobutyrate d’éthyle et le furanéol.

L’analyse de la figure 25 indique que le caproate d’allyle est le produit que les sujets ont placé en première position, considéré ainsi parmi les échantillons testés comme le plus évocateur de l’odeur d’ananas. Le caproate d’éthyle a en moyenne été placé en second. Puis les 2 formulations se succèdent (formulation A1, formulation A7) suivies de notre candidat (ACCF), le mélange binaire constitué de caproate d’éthyle et de furanéol, placé en 5ème position.

Tab. 16 : Rangs moyens pour chaque stimulus odorant et coefficient de concordance de Kendall sur les classements des 10 produits. On remarque que tous les sujets sont d’accord sur le classement global effectué sur l’ensemble des odorants.
Candidats Rang moyen
Caproate d’allyle 1,9
Caproate d’éthyle 3,5
Formulation A1 4,5
Formulation A7 4,6
AccF Ana
- Caproate d’éthyle + Furanéol -
5,8
Ethyle maltol 6,1
Allyle ionone 6,4
Huile Essentielle « ananas » 6,6
Isobutyrate d’éthyle 7,3
Furanéol 8,1
Coefficient de Kendall
Probabilité associée
0,38
p <.000001

Le tableau 16 présente les informations sur la concordance entre les sujets en ce qui concerne le classement dans l’ordre de ressemblance croissante des 10 odorants. Bien que le coefficient de Kendall obtenu ne soit pas très élevé (0,38), il reste très fortement significatif (p <.000001) et indique que tous les sujets ont réalisé un classement équivalent. Nous pouvons d’ailleurs le remarquer en observant le rang moyen attribué par les sujets chaque stimulus. Il apparaît que certains produits sont qualitativement très proches et ils sont donc plus difficiles à organiser, contrairement à d’autres, plus distincts qui se démarquent mieux de l’ensemble.

Fig. 26 : Résultats des évaluations de la typicité par rapport à l’odeur d’ananas. Les sujets devaient évaluer la typicité de chaque odeur par rapport à l’odeur d’ananas telle qu’ils l’imaginaient en attribuant une note de 1 (pas du tout typique) à 9 (extrêmement typique). On remarque que les produits les plus typiques sont le caproate d’allyle et le caproate d’éthyle, suivis des mélanges (formulation A1, formulation A7 et AccF Ana). Les odorants les moins typiques sont les composés odorants ayant servi à affiner les mélanges et ne peuvent, isolément évoquer correctement la note ananas.

Les résultats des évaluations relatifs à la typicité des odeurs par rapport à l’odeur d’ananas sont présentés par la figure 26. On remarque que les produits les plus typiques sont le caproate d’allyle et le caproate d’éthyle. Les mélanges (formulation A1, formulation A7 et AccF Ana) ont obtenu des notes de typicité plus faibles, mais au dessus de la moyenne. En revanche, les odorants les moins typiques sont les composés odorants ayant servi à affiner la représentativité des mélanges et ne peuvent, isolément, évoquer correctement la note ananas.

Fig. 27 : Résultats des évaluations de la comestibilité du fruit évoqué par les odeurs présentées. Les sujets devaient évaluer la comestibilité du fruit suscité par les odeurs présentées en attribuant une note de 1 (pas du tout comestible) à 9 (tout à fait comestible). On remarque que les produits les plus comestibles sont évoqués par le caproate d’allyle et le caproate d’éthyle. « AccF Ana » semble évoquer un aliment relativement comestible. Certains odorants comme l’éthyle maltol et le furanéol évoquent d’avantage de comestibilité, bien qu’ils ne soient par très représentatifs de l’odeur d’ananas.

En ce qui concerne l’évaluation de la comestibilité du fruit évoqué par les odorants (fig. 27), nous pouvons souligner que la perception du caproate d’allyle et du caproate d’éthyle, de l’odeur des mélanges binaires (AccF Ana, et formulation A1) ainsi que de l’éthyle maltol et du furanéol suscite des fruits assez comestibles alors que d’autres odeurs (formulation A7, allyle ionone, huile essentielle et isobutyrate d’éthyle) ne produisent que peu d’attirance alimentaire.

Tab. 17 : Coefficients de corrélation entre typicité et comestibilité, typicité et rang de classement et entre comestibilité et rang de classement. Les valeurs de ces coefficients suggèrent que plus une odeur est typique de l’ananas, plus la comestibilité du fruit évoqué est grande. D’autre part, il apparaît que la place d’un candidat dans le classement est très fortement corrélée à sa typicité, alors qu’elle l’est moins quant au degré de comestibilité du fruit évoqué par l’odeur.
  Coefficients de corrélation
(R2)
Probabilités
associées
Typicité / Comestibilité 0,579 p <,0001
Typicité / Rang 0,312 p <,0001
Comestibilité / Rang 0, 175 p = 0,013

Le tableau 17 concernant les calculs de coefficients de corrélation nous montre que la typicité et la comestibilité apparaissent très fortement corrélées lors de cette expérience (R2 = 0,579). De plus, on voit que le rang de classement est proportionnel à la typicité de l’odeur (R2 = 0,312) et à la comestibilité du fruit suscité par l’odeur (R2 = 0,175), c'est-à-dire que plus une odeur sera jugée typique et le fruit qu’elle suscite comestible, plus cet échantillon odorant sera bien classé, c’est-à-dire perçu comme un bon représentant de l’ananas.