Conclusion de la section

Au terme de cette seconde section, il apparaît que la logique prudentielle est au cœur de la réglementation du secteur bancaire. En effet, au regard de la place maîtresse que celui-ci occupe dans l’économie, le réglementeur cherche à y ancrer des comportements microéconomiques sains, soubassements d’une stabilité systémique vertueuse. Certes, l’encadrement prudentiel limite la marge de manœuvre des banques et peut affecter négativement leurs rendements. Mais, les coûts de cet encadrement sont insignifiants comparativement à ceux qu’engendrerait une crise bancaire systémique. A travers l’analyse des notions de risque systémique et de risque idiosyncratique, les spécificités que développe l’activité bancaire par rapport à d’autres activités économiques et financières, nous sont apparues incontestables.

Nous avons vu que, le risque systémique qui renvoie au danger que fait encourir le système bancaire à toute l’économie trouve sa source dans trois facteurs combinés : la vulnérabilité structurelle du bilan bancaire, l’opacité informationnelle entre les banques et leurs clients et les effets de contagion interbancaires. Par ailleurs, nous avons noté que lorsque les signes d’une crise systémique se font ressentir, le salut de l’économie ne tient souvent qu’à l’intervention du PDR.

S’agissant du risque idiosyncratique, nous avons constaté qu’il fait référence au danger que renferme en elle, chaque banque prise isolément. Ce risque est aussi important que le risque systémique car il en est le facteur déclencheur. Dans ce cadre, nous avons décomposé le risque idiosyncratique en trois grandes catégories : le risque d’illiquidité, le risque de contrepartie et le risque de marché. Partant, nous avons relevé que la gestion interne de ces risques par les banques apparaît insuffisante et nécessite un encadrement suivi de la part des autorités de réglementation et de supervision. L’actuelle réforme Bâle II s’inscrit dans cette perspective.

Au total, malgré les impressionnantes avancées qui ont trait aux outils et techniques de gestion bancaires, l’occurrence des risques systémique et idiosyncratique reste présente, comme en témoignent les événements qui ont caractérisé plusieurs pays émergents et développés au cours de la dernière décennie.

Il est important de souligner que la quasi-totalité des agents économiques sont involontairement, mais étroitement, liés au sort des banques. Parmi ceux-ci, on trouve en première ligne la clientèle bancaire (déposants et consommateurs). La protection des intérêts légitimes de ces agents est donc nécessaire, d’autant plus qu’ils sont en situation de faiblesse par rapport aux banques. C’est ce que nous allons voir dans la troisième section.