22. louis xv enfant , d’après Hyacinthe Rigaud

S. d. [1724]

Burin ; deux traits échappés en ht, b. g.

H. 0,450 , L. 0,335/6 au tr.c. ; H. 0,458/60, L. 0,343/4 à la cuvette

Sur le pourtour de l’ovale : ludovicus XV. franciÆ et navarrÆ rex christianissimus. ; au-dessous, dans la bordure de l’ovale, de part et d’autre d’un cartouche armorié : offerebat claudius // franciscus de monnier ; sur la face du socle : à g., Hacint 9 . Rigaud pinx. ; à dr. : Petr 9 . Drevet Sculp. ;

Représenté à mi-corps dans un ovale, tourné légèrement vers la droite, la tête et le regard tournés vers la gauche, le petit roi retient son manteau fleurdelysé de la main droite. Armoiries royales, surmontées de la couronne royale, entourées des colliers de l’ordre de Saint-Michel et du Saint-Esprit.

I : l’état décrit mais l’estampe n’est pas terminée : la garde de l’épée et la partie du manteau l’entourant ne sont pas gravées ; (BNF, Est., Ed 99a rés., in-fol.)

II : avec la garde de l’épée et le manteau l’entourant ; le manteau d’hermine est ombré à g. pour faire ressortir la dentelle entourant l’avant-bras droit ; l’ombre du roi est noircie à gauche, à hauteur d’épaule ; l’ombre extérieure du médaillon est noircie et agrandie à gauche et à droite : tailles supplémentaires visibles sur la corniche du socle ; (BNF, Est. : Ed 99a rés., in-fol. ; Da 62, in-fol., p. 23, Mf E066751  ; N3, in-fol., vol. 55, Mf D289683 - Paris, ENSBA, fol. 1439 rés., p. 9 - BML, fds ancien - Francfort, Städel - Genève, MAH, Estampes - Londres, V&A - Philadelphie, MA - Stockholm, Nm)

Épreuves non consultées : Caen, MBA - Amsterdam, Rijks - Dresdre, SK - New York, MM.

Troisième fils de Louis de France duc de Bourgogne (cat. n° 27), petit-fils de Louis dit le Grand Dauphin (cat. n° 26), Louis XV naît à Versailles le 15 février 1710. Il est l’arrière petit-fils de Louis XIV (cat. n° 20) et lui succède à l’âge de cinq ans, le 1er septembre 1715, sous la régence de Philippe II, petit-fils de France, duc d’Orléans. A douze ans, Louis est sacré et couronné roi à Reims le 25 octobre 1722 1 . Il surpassait, paraît-il, son bisaïeul pour sa beauté et l’égalait en majesté. Très jeune, il avait souffert non seulement de deuils cruels ― la mort presque simultanée de sa mère, de son père, de son frère aîné ― mais aussi d’une grave maladie dont la guérison apparaissait à tous comme une sorte de miracle : Louis était devenu l’enfant chéri du peuple. Parvenu à sa majorité, il est, une seconde fois atteint par la maladie et, de nouveau, les soupçons contre le duc d’Orléans se font jour. La guérison du roi donne lieu à une liesse populaire qui se manifeste pendant plusieurs jours. Le Cardinal de Fleury devient son précepteur (voir catalogue numéro 125/IV) et le Maréchal de Villeroy, son gouverneur. Peu de temps après sa majorité, le roi est affecté par la mort du régent qui était devenu son premier ministre. Il se voit forcé de confier la même charge au duc de Bourbon, prince de Condé, dit Monsieur le duc, peu aimé, aussi instable qu'arrogant (cat. P. Dr., n° 29). Pour acheter sa confiance, le duc lui propose de rompre avec la cour d’Espagne en renvoyant l’infante bien trop jeune et de lui faire épouser Maria Leczinska, fille de Stanislas Leczinski, roi détrôné de Pologne 2 . Louis XV verra la fin de son règne s’assombrir par la mort du dauphin en 1765 suivie de celle de la dauphine et de la reine 3 . Succombant à la paresse, à l’indolence et à la frivolité, sentant diminuer son intérêt à gouverner, entouré de personnages plus ou moins corrompus, le roi laissa aller les choses. Il pressentit à plusieurs reprises l’ébranlement de la monarchie 1 .

Biographie de Rigaud : voir cat. P. Dr., n°117.

Le premier portrait du roi a été commandé à Rigaud en 1715 2 , alors que Louis avait cinq ans.  Il est représenté en pied, vêtu des habits royaux (cf. cat. P. Dr. n° 122/I). L’original se trouve au musée de Versailles 3 .

Nous savons, par les écrits de Van Hulst et de Mariette, que ce portrait a été gravé d’après celui peint en 1715 et non d’après celui brossé en 1721 juste avant le sacre ; cependant le roi apparaît légèrement vieilli dans la gravure, par rapport au portrait peint de 1715. Van Hulst écrit que le portrait gravé a été réalisé par Drevet le père, la tête gravée en 1724 et que « l’attitude et l’habillement composés exprès pour l’ouverture de l’ovale qui renferme le portrait. » Le commentaire de Mariette est identique à celui de Van Hulst, mais il inscrit la gravure dans l’œuvre de Pierre Drevet le fils, suivi en cela par Le Blanc. Firmin-Didot et l’Inventaire du fonds français attribuent la planche à Pierre Drevet le père.

Si Pierre-Imbert a collaboré au travail de cette gravure, sa participation n’apparaît pas clairement, à l'inverse de celle représentant le roi en tenue d’apparat pour laquelle son intervention est évidente (cat. P. Dr. n° 122/I). Cette gravure est de la main de Pierre Drevet le père. L’estampe se présente en contrepartie du portrait peint.

Le commanditaire de la planche est Claude François de Monnier, mais on ignore si le portrait a été gravé pour servir de frontispice à une thèse.

Gravé également d’après Rigaud par de Larmessin, sujet tourné à droite, et par Daullé.

(Voir vol. I : pp. 170, 201)

bibliographie

Anselme 1726, I pp. 161-182 ; Mariette 1740-1770, III, f°, 46 v°, n° 33 ; Paignon-Dijonval 1810, 7466 ; Michaud 1843-1857, XXV, pp. 213-222 ; Dussieux 1854, II, p. 193 ; Le Blanc 1856, II, P-I.Dr. n° 27 ; Barbier 1866, t. I, vol. I, p. 383 ; Firmin-Didot 1876, P. Dr., n° 59; Firmin-Didot 1875-1877, P. Dr., n° 438 ; Portalis et Beraldi 1881, II, p. 22 n° 57 ; Mireur 1910, II, p. 533, 539-540 ; Thieme et Becker 1913, IX, p. 560, XXVIII, pp. 349-351 ; Soulange-Bodin 1914, pp. 6-49 ; Roman 1919, p. 178 ; Audin et Vial 1919, p. 287 ; Maumené et d’Harcourt 1931, XVI, p. 297 ; IFF XVIII e , VII, P. Dr., n° 83 ; Métivier 1994 ;Constans 1995, p. 755, n°4260, p. 758 n° 4276 ; Thieme et Becker-Saur 2001, XXIX, p. 409.

Notes
1.

Anselme 1726, I pp. 161-182.

2.

Voir Barbier 1866, t. I, vol. I, p. 383. Le brusque renvoi dans son pays de l’Infante d’Espagne le 5 avril 1725, a été très mal accueilli par l’Espagne et a généré des incidents diplomatiques qui auraient pu être graves : « Le roi d’Espagne a, dit-on, donné ordre à tous les français de sortir de ses états… »

3.

Michaud 1843-1857, XXV pp. 213-222.

1.

Voir Métivier 1994.

2.

Roman 1919, p. 178.

3.

Inv. : MV 3695. Voir Constans 1995, p. 755 n°4260, p. 758 n° 4276.