2.2.3. La phrase qui se termine sur trois circonstants

À la différence des circonstants qui introduisent un effet de clôture et qui causent la chute de la phrase, les circonstants qui s’accumulent par trois en fin de phrase donnent au contraire l’impression qu’à chaque nouveau circonstant suivi d’une virgule, on peut s’attendre à une suite infinie de circonstants. La fin de la suite des circonstants n’est marquée que par le point final qui annonce la fin de la phrase. L’effet de suite cause un certain arrêt dans la progression de la phrase soit pour la ralentir, soit pour la prolonger.

Cette position, outre qu’elle représente le rhème de la phrase qui apporte l’information essentielle, aide à introduire avec chaque nouveau circonstant de nouveaux détails descriptifs qu’ils soient sur les personnages ou sur les modes du déroulement de l’action :

‘« Ils causaient de tout cela, pendant les récréations, dans la cour, en face de l'inscription morale peinte sous l'hor­loge ; ils en chuchotaient dans la chapelle, à la barbe de saint Louis ; ils en rêvaient dans le dortoir, d'où l'on domine un cimetière ». (ES, p. 64.)’ ‘« Mais comme il voulait concourir plus tard pour une chaire de professeur à l’École et qu’il n’avait pas d’argent, Deslauriers acceptait à Troyes une place de maître clerc chez un avoué. À force de privations, il économiserait quatre mille francs ; et, s’il ne devait rien toucher de la succession maternelle, il aurait toujours de quoi travailler librement, pendant trois années, en attendant une position ». (ES, p. 65.)’ ‘« Seigneuresse des Castilles ou des Flandres, elle se tenait assise, avec une fraise empesée et un corps de baleines à gros bouillons. Puis elle descendait quelque grand escalier de porphyre, au milieu des sénateurs, sous un dais de plumes d'autruche, dans une robe de brocart ». (ES, p. 132.)’ ‘« Frédéric ne comprit rien aux paroles italiennes. Cela commençait sur un rythme grave, tel qu'un chant d'église, puis, s'animant crescendo, multipliait les éclats sonores, s'apaisait tout à coup ; et la mélodie revenait amoureusement, avec une oscillation large et paresseuse. Elle se tenait debout, près du clavier, les bras tombants, le regard perdu ». (ES, p. 108.)’ ‘« Il la serra contre son coeur, et tous deux sanglotaient en se tenant embrassés. Mme Dambreuse aussi pleurait, couchée sur son lit, à plat ventre, la tête dans ses mains ». (ES, p. 530.)’