IV.2.3.4. Image

Selon Aumont (1990), "l’image se définit comme un objet produit de main d’homme, dans un certain dispositif, et toujours pour transmettre à son spectateur, sous forme symbolisée, un discours sur le monde réel (p.201)". Il considère toute image comme une représentation de la réalité ou d’un de ses aspects. L’image est un objet technique mais aussi un moyen de communication dans toutes sociétés humaines. Une image doit permettre à son utilisateur de retrouver un certain nombre d’informations concernant l’objet (Vérillon, 1996). Si une image contient du sens, celui-ci est à "lire" par celui qui la regarde : c’est tout le problème de l’interprétation de l’image (Aumont, 1990, p.194).

Levin et al. (1987) ont distingué cinq fonctions principales de l’illustration : la représentation (l’illustration représente les principaux éléments mentionnés dans le texte) ; l’interprétation (elle permet de concrétiser certaines informations du texte) ; la transformation (elle recode l’information du texte de façon à la rendre plus mémorisable) ; l’organisation (elle apporte de la cohérence à des informations peu organisées) ; la décoration (si elle n’a pas de relation sémantique vis-à-vis des informations véhiculées par le texte). Vézin (1986, cité par Drouin, 1987, p.16) voit plutôt dans l’illustration des fonctions motivationnelle,explicative et d’aide à la mémorisation alors que Pozzer et Roth (2003) s’attachent, dans les manuels de biologie, à des fonctions décorative, illustrative, explicative et complémentaire.

Rogalski et Veillard (2002) ont mentionné que les images aident à illustrer des concepts abstraits et à comprendre des sujets difficiles. Dans la plupart des domaines scientifiques, on utilise aujourd’hui des images pour représenter des structures, des processus et des concepts scientifiques (Lowe, 1996). Certains phénomènes étudiés par la science, non perceptibles directement, sont appréhendés grâce à des images (Gouanelle & Schneeberger, 1996). Dans le dispositif didactique, ces dernières permettent aux élèves de découvrir et de comprendre les phénomènes scientifiques ; elles peuvent être considérées comme des instruments de traitement des connaissances facilitant l’évolution conceptuelle en provoquant un déséquilibre efficace chez l’apprenant (Allain, 1995).

Les images constituent un potentiel pour apprendre, pas seulement pour mémoriser l’information qu’elle contient, mais aussi, et plus essentiellement, pour apprendre par l’activité qu’elle rend possible (Mottet, 1996a). Elles sont susceptibles de jouer un rôle dans les démarches de construction des savoirs scientifiques des élèves. Ce sont des sources d’informations, du matériel perceptif et un moyen pour apprendre les sciences (Mottet, 1996b). "On doit créer des situations didactiques facilitatrices des apprentissages dans lesquelles les images ne seraient plus considérées simplement comme apportant des informations illustratives mais aidant à la structuration des connaissances (Allain, 1995, p.109)".

Mottet (1996b, p.19) a proposé trois idées essentielles pour réconcilier l’image et l’activité : a) l’activité du sujet peut être étendue aux images ; b) une image ne se lit pas de la même façon selon le contexte d’activité dans lequel elle se situe ; c) l’activité relative aux images n’est pas complète tant qu’elle ne débouche pas sur une expression ou une action qui l’objective et la manifeste. Il considère que l’activité relative aux images peut revêtir trois formes différentes selon qu’il s’agit pour l’élève : de lire des images, de les modifier ou d’en produire. L’image est prise tout à la fois comme objet et moyen d’activités scientifiques pour les élèves. Ces activités sont rendues plus riches et plus réalistes grâce à l’utilisation de technologies performantes. L’image est un élément d’une activité d’investigation scientifique (Beaufils et al., 1996).