1.2.2. Transmission de l’information olfactive

Les axones des neurorécepteurs olfactifs pénètrent le bulbe olfactif et se connectent au sein des glomérules olfactifs avec les dendrites des deutoneurones. L’ensemble des neurorécepteurs activés par une molécule chimique odorante se connecte aux deutoneurones organisés spatialement au sein du bulbe olfactif, créant une carte sensorielle propre à chaque odeur, et reproduisant le profil de réponses observé au niveau de l’épithélium olfactif (Holley & Sicard, 1994). Grâce à cette combinatoire, virtuellement infinie, notre odorat distingue plus de dix mille senteurs différentes.

L’activité des deutoneurones subit deux types de contrôle. Les interneurones sont des cellules GABAergiques (GABA : gamma aminobutyric acid) qui créent des circuits locaux de feed-back exerçant un contrôle inhibiteur et horizontal de l’information au sein du bulbe olfactif. L’activité des deutoneurones est aussi contrôlée par des fibres centrifuges, dont les fibres noradrénergiques du locus coeruleus, les fibres sérotoninergiques des noyaux du raphé central et dorsal, et les fibres cholinergiques du télencéphale basal (Macrides et al., 1981; Shipley et al., 1985; McLean & Shipley, 1987). Ces trois types d’afférences centrifuges sont impliqués dans les phénomènes de plasticité synaptique liés à l’apprentissage et la mémorisation des odeurs (Gervais et al., 1988; Moriizumi et al., 1994; Brennan et al., 1998; Wilson et al., 2004).

Les axones des deutoneurones se rejoignent ensuite pour former le tractus olfactif latéral et se projeter sur le cortex olfactif primaire (Shipley & Reyes, 1991). Même si un petit nombre de projections controlatérales a été observé (Shipley & Ennis, 1996), ces projections sont majoritairement ipsilatérales.