Méthodologie

« Nous pensons que certaines personnes qui, pour une raison ou pour une autre, ne peuvent affronter les problèmes de leur vie, s’en tirent en tombant malade. Si le médecin a l’occasion de les voir dans les premières phases du processus de la maladie – c’est-à-dire avant qu’ils ne se fixent à une maladie précise et "organisée" – il peut se rendre compte que de tels patients offrent, pour ainsi dire, ou proposent diverses maladies ; et ils continuent à en offrir de nouvelles jusqu’à ce que survienne, entre eux et le médecin, un accord au terme duquel l’une de ces maladies est admise comme justifiée par les deux parties. Dans certains cas, le stade "inorganisé" est bref et les malades en viennent vite à "organiser" leur maladie. »
Michael BALINT Le médecin, son malade et sa maladie, 1957.

Lors d’une précédente étude (Samyn, 2001), nous avions évalué les différences développementales de deux sous-groupes, principalement au niveau de leurs modalités d’entrées dans l’Autisme Infantile, tout en incluant quelques items supplémentaires sur l’hyperactivité, le niveau de langage et l’intelligence de ces enfants au moment de l’évaluation diagnostique. Nos deux sous-groupes se composaient d’enfants au diagnostic d’Autisme Infantile. Treize d’entre eux avaient développé des troubles à caractéristiques autistiques dès la naissance : nous les avions nommés autistes précoces. Parmi eux, 4 enfants avaient été considérés comme « normaux » jusqu’à l’âge de 24 mois avant de développer des troubles caractéristiques de l’Autisme Infantile. Cette recherche s’inspirait principalement des travaux de Volkmar et Cohen (1989) et avait pour but de développer les prémices de ces auteurs.

Notre étude, présentée dans cet ouvrage, est une suite de ces travaux. La méthodologie de départ est identique, mais les sujets sont plus nombreux et l’exploration des données est beaucoup plus approfondie.