Troisième partie. Précisions méthodologiques

La biologie et la physiologie partagent le genre en deux catégories. Les hommes auxquels la virilité, la force, le pouvoir sont communément attribués et les femmes auxquelles l’intuition, l’émotion, le maternage furent traditionnellement réservés. La psychologie et la psychanalyse ont fissuré ces croyances. En chaque individu une partie masculine et une autre féminine dialoguent en permanence. A côté de la notion de sexe est apparue celle de genre. Il est possible d’être de sexe masculin et de genre androgyne ou même féminin. Certain(e)s se trouvent surpris de voir ainsi défini ce qu’ils ressentaient dans l’intimité de leur identité. Des tests mis au point dans le champ de la psychologie sociale ont permis d’en finir avec le déterminisme biologique : c’est ainsi que les hommes peuvent être reconnus féminins, les femmes masculines et que souffle le vent de la liberté des genres. Toute une gamme des possibles combinant genre et sexe s’offre à chacun, allant de la masculinité hégémonique à la masculinité gay, de la féminité dévoreuse d’homme à la lesbienne.

Dans notre travail de recherche centré sur les enseignants d’EPS nous retrouverons ces différentes combinaisons de genre.

Les tentatives de compréhension des effets du genre de l’enseignant d’EPS nécessitent de dépasser un discours spéculatif. Quelle méthodologie adopter ?

« Les sciences de l’éducation, comme savoirs sur l’éducation, ont à se situer par rapport à la connaissance apportée par l’expérience ». (Develay, 2001) 342 .

A partir de situations de pratiques en EPS il s’agit de produire du savoir à partir de méthodes multiréférencielles. On cherchera une compréhension des phénomènes de genre par l’analyse des pratiques de l’enseignant en cours d’EPS. Les situations auxquelles nous avons été confrontée sont des situations complexes, il est important de faire intervenir différentes logiques pour les analyser. Ainsi nous serons amenée à faire appel à différents champs théoriques : de la didactique, de la communication non verbale, de la psychologie, de la psychologie sociale, de la sociologie… Pour montrer qu’il existe ou non un effet de genre (que nous supposons effectif) nous utilisons de multiples voies.

Notre démarche inductive observe les faits que nous construisons afin de les rendre significatifs au regard de la théorie du genre. Pour ce faire, nous avons choisi d’effectuer des observations focalisées sur certaines variables, certains indicateurs que nous exposerons au cours de cette partie.

Notes
342.

Develay, M. (2001). Déjà cité. (p.65).