4.4. Un accès aux services de démarches et d’aide à la personne inégal entre les différents types de quartiers, mais amélioré pour les plus démunis

L’évolution de la localisation des services de démarches et d’aide à la personne entre 1990 et 1999 n’engendre pas, en moyenne, de modifications notoires de l’accessibilité pour l’ensemble des quartiers très défavorisés (baisse de 1% du temps d’accès). En revanche, l’accessibilité est nettement améliorée pour l’ensemble des quartiers très aisés de la périphérie (baisse de 19% ; Figure 42).

Pour le scénario de référence, non seulement les deux types de quartiers se différencient sur les temps d’accès en transports collectifs aux services de démarches et d’aide à la personne, mais aussi sur la dispersion des temps d’accès entre les quartiers d’un même type. L’écart absolu moyen pour l’ensemble des quartiers très défavorisés augmente de 21,1% entre 1990 et 1999. Cela signifie que certains quartiers ont bénéficié d’une forte amélioration de l’accessibilité (implantation de nouveaux services) alors que d’autres subissent de grandes pertes (éloignement relatif des services), puisque le temps moyen sur l’ensemble des quartiers reste inchangé. Les inégalités de capabilités des habitants des quartiers pauvres croissent avec l’évolution de la localisation des services de démarches et d’aide à la personne.

A contrario, pour l’ensemble des quartiers très aisés de la périphérie, l’écart absolu moyen diminue entre 1990 et 1999 (baisse de 14,7%). Cela signifie que pour l’ensemble des quartiers très aisés, les temps d’accès aux démarches et services d’aide à la personne convergent autour de la valeur moyenne de l’ensemble de ces quartiers, qui est fortement améliorée avec le rapprochement géographique entre les activités et ces quartiers durant les années 1990.

L’évolution de la localisation des services de démarches et d’aide à la personne entre 1990 et 1999 engendre donc un creusement des inégalités de chances entre les habitants des quartiers très défavorisés et des quartiers très aisés, au bénéfice de ces derniers pour lesquels les capabilités sont fortement améliorées.

Figure 42 : Evolution des conditions d’accès en transports collectifs aux services de démarches et d’aide à la personne entre les individus des différents types de quartiers

Sources : D. Caubel

Par ailleurs, la croissance de l’offre en transports collectifs améliore, par rapport au scénario de référence de 1999, l’accessibilité aux services de démarches et d’aide à la personne, pour les deux types de quartiers. Les temps d’accès sont alors en deçà des temps unitaires de 1990. La mise en œuvre des axes forts du P.D.U. permet également de réduire les écarts apparus entre les deux types de quartiers lors de l’évolution de la localisation des activités entre 1990 et 1999 (Figure 42), en apportant une amélioration globale plus importante de l’accessibilité pour les plus démunis.

Ces évolutions engendrées par le scénario AMART s’accompagnent d’une réduction de la dispersion des temps d’accès aux services de démarches et d’aide à la personne entre les quartiers d’un même type. Cette baisse de l’écart absolu moyen est plus importante pour les quartiers très défavorisés entre le scénario de référence de 1999 et le scénario AMART (baisse de 33,6% de l’écart absolu contre 22,4% pour les quartiers très aisés de la périphérie). Mais, pour ces quartiers les plus démunis, cela ne saurait être suffisant pour compenser la forte croissance de l’écart absolu moyen constatée entre 1990 et 1999 (l’écart absolu reste supérieur de 14% à la valeur de 1990). La croissance de l’offre en transports collectifs permet une amélioration sélective de l’accès aux démarches et services d’aide à la personne, avec des gains de temps d’accès plus importants sur certains quartiers que sur d’autres. En revanche, ce sont les habitants de l’ensemble des quartiers riches de la périphérie qui voient leurs capabilités améliorées par un gain de temps d’accès et une réduction importante de l’écart absolu moyen par rapport à 1990.

Malgré cela, s’il y a un creusement des inégalités d’accès entre les individus des deux types de quartiers suite à l’évolution de la localisation des activités entre 1990 et 1999 (au bénéfice des plus aisés), la croissance forte de l’offre en transports collectifs permet d’améliorer l’accessibilité aux démarches et services d’aide à la personne, en réduisant les différenciations entre les quartiers très aisés et les quartiers très défavorisés. Et ce, en faveur des habitants des quartiers très défavorisés.