L’accès en marche à pied aux activités du panier de biens

Un premier complément d’analyse serait de mettre en œuvre, selon les principes méthodologiques établis, une mesure de l’accès en marche à pied aux activités du panier de biens. Ce questionnement est soulevé à l’aune des résultats obtenus pour les quartiers très défavorisés. Nous avons noté que ces quartiers sont ceux où la part des ménages non motorisés est la plus importante et où la qualité de l’offre en transports collectifs est moins importante que dans la partie centrale de l’agglomération lyonnaise. Compte tenu de l’accès à ces modes de déplacements relativement contraignants pour les populations de ces quartiers, est-ce que ces derniers ne sont pas tributaires des activités localisées à proximité de leur lieu de résidence ? Même si nous n’avons pas analysé les conditions d’accès à pied au panier de biens, nous pouvons amener des éléments de réponses. Compte tenu de la faible densité et diversité des activités dans les quartiers les plus pauvres, nous pourrions aisément montrer que le nombre d’activités pour 1 000 habitants au sein de ces quartiers est systématiquement inférieur à celui de l’ensemble de l’agglomération lyonnaise. Dès lors, si nous supposons que le quartier – ou l’IRIS – est le territoire de proximité des résidences des habitants qu’ils peuvent parcourir à pied, alors ces derniers ne peuvent pas bénéficier de la structure moyenne du panier de biens à pied. Ce qui serait problématique pour les populations les plus démunis qui n’ont qu’un accès limité ou nul à la voiture. Le déficit d’activités et le manque de diversité de services à proximité des lieux de résidence reviendraient, comme le citent F. Godard et al. [2001] à amplifier les inégalités de chances d’accessibilité, mais aussi à accroître la mise à distance sociale d’une partie de la population déjà « fragilisée » par ailleurs. Au-delà de l’adaptation des services aux populations des quartiers sensibles, dont l’impact n’est que très limité [Siblot, 2005], il serait alors intéressant, comme le rappellent O. Coutard et al. [2001] de favoriser l’implantation de nouvelles activités et d’avoir une concentration d’un minimum de ressources indispensables aux ménages les plus pauvres.