Section 2 : La relation d’autorité est un mode de coordination aux caractéristiques institutionnelles :

Après avoir confronté les hypothèses comportementales des théories des contrats à la notion d’autorité, c’est au niveau des spécifications générales de la coordination dans la relation d'emploi qu’impliquent ces théories que nous poursuivrons notre analyse. Nous verrons tout d’abord que les théories des contrats aboutissent à considérer que les résultats obtenus dans le cadre de la relation d'emploi suivent un principe d’efficience, que celle-ci soit instantanée ou résulte d’un processus. La conception de l’autorité que nous adoptons enjoint, au contraire, de laisser place aux défauts de coordination qui aboutissent au fait que les résultats globaux s’écartent de l’optimalité, ce qu’H. LEIBENSTEIN [ 1982, 1987 ] a mis en exergue ( A ). Les théories des contrats ont également une vision de la firme, résultant logiquement de leur individualisme méthodologique strict, qui la réduit, peu ou prou, à un ensemble de contrats bilatéraux. Cette vision rentre en contradiction avec l’existence de relations d’autorité puisque celles-ci ne peuvent s’instaurer qu’au sein d’un collectif formant un “ tout ” - ce qui tire vers une perspective dont l’individualisme doit être, pour le moins, repensé -, ainsi que formé sur des bases endogènes. La notion de « culture d’entreprise » telle qu’elle ressort des travaux de D. KREPS [ 1990 ], suit précisément cette orientation ( B ).