3.5.1.- Les Danses Traditionnelles

Les danses traditionnelles font presque toutes partie d'un fonds commun européen qui prend sa source au Moyen Âge : la carole, la basse danse et surtout le branle sont à l'origine de la plupart de ces danses traditionnelles. Se diversifiant tantôt en danses collectives (en chaîne ouverte ou fermée), tantôt en danses de couples, tantôt encore en danses solistes (d'hommes ou de femmes), les danses traditionnelles connaissent des formes régionales, voire locales, qui les distinguent les unes des autres.

Certaines danses portent le nom du village dont elles sont issues, d'autres celui de la région, d'autres enfin ont parcouru les siècles de manière invariable depuis leur apparition. La plupart des danses peuvent être rattachées à une « famille » particulière.

Figure 27 : « Danse de couples ».
Figure 27 : « Danse de couples ». Photo extraite du site http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil . Egalement pour les figures 28 et 29.

Le caricaturiste Thomas Rowlandson représente dans ce dessin une danse populaire, en donnant un trait satirique pour la plupart des couples formés (vers 1795-1800).

« Le Quadrille », héritier de l'ancienne contredanse française du XVIIIème siècle, le quadrille est une danse de bal en vogue dès le début du XIXIème siècle et jusqu'à la Première Guerre mondiale.

Le quadrille se danse généralement à quatre couples disposés en carré et comporte, dans sa version de base, les cinq figures suivantes : le pantalon, l'été, la poule, la trénis, remplacée vers 1830 par la pastourelle et la finale.

Figure 28 : « Le Quadrille », de la trénis, Le Bon Genre (1805).
Figure 28 : « Le Quadrille », de la trénis, Le Bon Genre (1805).

Les « danses bretonnes » sont les danses pratiquées traditionnellement en Bretagne. Très diverses dans leurs formes et leurs origines, on en recenserait plus de quatre cents.

La grande majorité des danses, surtout les plus anciennes, sont des danses de groupe, en rond ou en cortège.

Cependant, des danses-jeux existent ou ont été importées : galop nantais, jilgodenn, cercle circassien, cochinchine, etc. De même, le répertoire adopte régulièrement des danses en couples venues d'ailleurs : cercle circassien, Scottish, Valses (Valse écossaise, ...).

Parfois ces danses ont un succès durable et sont intégrées dans le répertoire traditionnel, parfois elles ne font que passer sous l'effet de la mode (exemple la Bourrée auvergnate dans les années 90)

Autrefois, le travail était l'activité la mieux considérée et le temps libre une denrée rare ; les oisifs étaient mal vus. Seuls les dimanches pouvaient donner lieu à des réjouissances, particulièrement lorsqu'il y avait des pardons spécialement en Bretagne, qui étaient toujours accompagnés de fêtes profanes.

Aussi les paysans se donnèrent-ils des prétextes pour danser : lorsqu’ils battaient le blé, durcissaient le sol de terre battue d'une maison neuve, les corvées, lors des fêtes qui célébraient la fin des travaux agricoles, lors de noces (qui rassemblaient fréquemment 2 à 300 personnes, parfois jusqu'à 1 000 personnes), et au cours desquelles on exécutait par exemple des gavottes d'honneur, etc.

Aujourd'hui, les bals folk, les festnoù-noz, les festoù-deiz et dans une moindre mesure les mariages représentent les occasions majeures de danser.

« La farandole » est une danse traditionnelle française en chaîne ouverte itinérante. Elle tire vraisemblablement son origine des danses médiévales : caroles des XIIIème et XIVème, siècles branles des XVème et XVIème siècles, danses aux pas indéfiniment répétés, comme ses lointaines cousines les gavottes bretonnes et les gigues irlandaises ou les tarentelles transalpines.

« La farandole » populaire est dansée dans le comté de Nice sur un pas très libre. Les danseurs se tiennent par la main, et marquent chaque temps par des sautillements : temps forts sur un pied, alternativement gauche puis droit, l'autre étant levé ; temps faible à pieds joints. Elle est conduite par l'abbat-mage, qui tient dans sa main libre la hallebarde enrubanée. Au village de Belvédère, à l'occasion de la fête patronale de la Saint-Blaise, c'est le couple le plus récemment marié qui conduit la farandole dans les rues.

Toujours dans le comté de Nice, d'autres danses apparentées à la farandole étaient pratiquées sur des pas plus libres : le brandi, la mauresque (ou mourisca), les passa cariera (passe-rues, cf. les passa calle espagnoles et la passacaille).

Figure 29 : « La Farandole » de Hans Thoma (1884).
Figure 29 : « La Farandole » de Hans Thoma (1884).

L’âge d'or du rigodon en Dauphiné surgit dès la fin du XVIIIème siècle et durant tout le XIXème siècle. Le rigodon jouit d’une vogue sans faille, si durable et si entière qu’il est devenu à bon droit la danse traditionnelle caractéristique de cette province.

Il est l’élément essentiel, voire unique du répertoire des bals. Toutes les occasions sont bonnes pour le danser : veillées d’hiver dans les maisons qui comptent des jeunes filles, bals du dimanche dans les cafés ou les granges, bals du 1er janvier, du carnaval, du 14 juillet, bals plus prestigieux des vogues (fêtes patronales) et des noces, réunions de voisinage et de travail.

Sa popularité s’étend à toutes les catégories de la population : paysans, les plus nombreux, artisans, commerçants, employés, membres de la petite bourgeoisie des gros bourgs et des petites villes, aristocrates même, au début du XXème siècle.

Notes
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Photo extraite du site http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil . Egalement pour les figures 28 et 29.