5.2.1. L'iconographie

Nombreux sont les travaux et gravures qui mettent en scène des mendiants habituellement aveugles, jouant ou porteurs d'une vielle.

On songe naturellement d'abord à Georges de La Tour. J.P. Cuzin et P. Rosenberg 1 sont les auteurs du catalogue de l'exposition qui lui a été consacrée à Paris 2 . Ils citent six tableaux de ce peintre où apparaît un joueur de vielle comme sujet principal (5 fois) ou annexe (1 fois).

Les vielleux sont désignés cinq fois comme mendiants par Georges de La Tour, et une fois seulement semble-t-il, comme musicien professionnel, ce dont on ne peut être sûr puisqu'il s'agit d'un détail de tableau dont l'ensemble s'est perdu.

Trois mendiants vielleux (sur quatre) sont des aveugles, le quatrième, représenté dans la fameuse Rixe des musiciens, est attaqué par un joueur de chalemie (ou de hautbois à capsule ayant perdu sa capsule). Selon Jennifer Montagu (citée par Cuzin et Rosenberg) la main de l'agresseur tiendrait un citron que le joueur veut presser en direction de l'œil gauche du vielleux ; un examen minutieux de la toile semble en effet indiquer que ce dernier serait un faux aveugle et que son adversaire veut démontrer sa supercherie à l'aide de l'acide citrique. Une autre hypothèse a été proposée par Francine André-Fustier selon laquelle l'agresseur aurait arraché au vielleux la manivelle servant à actionner la roue, qu'il brandirait face à l'aveugle pour le défier.

Il n'est pas possible d'énumérer tous les témoignages que l'iconographie propose entre le XVIIe et le début du XVIIIe siècle. On trouverait probablement plus d'une centaine de tableaux ou de gravures concernant notre sujet, dont les plus connus sont signés Michel Le Clerc et surtout Jacques Callot et même Watteau, bien que celui-ci préfère peindre des vielles dans un contexte « aristocratisant ».

Notes
1.

CUZIN, Jean-Pierre, ROSENBERG, Pierre, Georges de La Tour, Réunion des musées nationaux, Paris, 1997.

2.

Galeries nationales du Grand Palais, oct. 1997-janv. 1998