22.6.1. Le répertoire populaire citadin

Il faut, pour mémoire, noter l’existence d’un répertoire populaire d’origine citadine (dont le paradigme serait le vaudeville). Il intéresse un public qui fréquente notamment les foires, il est relativement peu développé pour ce qui est de notre instrument et ne constitue en tout cas pas une de ses spécificités. Corrette est à peu près le seul compositeur qui illustre ce genre, principalement dans ses Concertos comiques qui laissent souvent à la vielle une place dans l’instrumentation. Dans la méthode pour vielle, publiée par Ballard en 1732, on trouve de très nombreux vaudevilles, transcrits généralement avec un début de baroquisation indiquant que la vielle commence juste à ne plus être seulement un instrument populaire jouant un répertoire populaire, mais qu’elle amorce sa mutation. Un répertoire voisin est consigné dans la méthode de Corrette, ce qui tient à la personnalité de l’auteur, mais aussi à la date tardive de parution de l’ouvrage (1783 ou 1785). La vielle est alors passée de mode, elle est déjà en train de redevenir l’instrument populaire qu’elle sera à peu près exclusivement dès la fin du XVIIIe siècle 1 et qu’elle était encore partiellement quand Ballard éditait sa méthode.

Nous parlons peu de ce répertoire, qui n’est probablement pas caractéristique de l’usage que les personnes de qualité firent de l’instrument.

Notes
1.

Hors méthodes, dans le répertoire des auteurs spécifique pour vielle/musette que nous avons consulté, seuls Bâton utilise le vaudeville (quatre fois dans toute son œuvre), ainsi que Bertin (une fois). Il est vrai qu’en revanche, Chédeville l’aîné en fait une importante recension, mais il s’agit alors de recueils de pièces à la mode qu’il ne compose pas lui-même.