4.2.3.2. Honte et corps.

Farida altère son corps qui porte, sur sa surface, donc dans l'espace le plus périphérique de son être, les traces superposées de la folie, de la violence, de la répudiation et de la prostitution de la fratrie. Elle montre en effet une peau grimée, toujours se délitant, toujours s'écoulant sur un visage presque englouti sous les fards; elle indique, par son vernis écaillé en lambeaux inégaux, la desquamation de l'enveloppe externe qui s'effiloche; elle affiche sur des cheveux dont les couleurs s’opposent violemment, la dualité impossible de l'obscur et du clair, du désir de pureté et du constat de salissure. Jusque sur le plan péri-corporel elle témoigne de la discordance de l'espace interne empiété.

Sur le plan intérieur et subjectif, la confusion se répète en donnant à voir une folie maniaque en lieu et place de la souffrance paradoxale générée par d'impossibles liens familiaux.